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Budget de la sécu 2026 : quelles mesures concernent les pharmaciens ?
Présenté ce mardi 14 octobre en conseil des ministres, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) réintroduit le sujet épineux du doublement des franchises médicales. Le texte propose également une série de mesures pour améliorer la pénétration des biosimilaires.
7,1 milliards d’euros : c’est le montant que le gouvernement souhaite économiser en 2026 sur les dépenses de santé. Un objectif largement supérieur aux 5,5 milliards d’euros annoncés par l’ex-premier ministre François Bayrou. L’année prochaine, le déficit de la sécurité sociale devra être réduit à 17,5 milliards d’euros, contre 23 milliards d’euros en 2025. Le montant de l’Objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam) ne devrait quant à lui progresser que de 1,6 %, contre 3,4 % en 2025.
Le retour redouté du doublement des franchises médicales
Le PLFSS 2026 réintroduit le doublement des montants et des plafonds des franchises médicales. À cette mesure polémique, unanimement décriée par les syndicats officinaux, s’ajoute la création d’une « franchise sur les dispositifs médicaux, du même montant que celle applicable aux médicaments. » Dans le texte, il est également question de « rendre visible le recouvrement » de ces franchises, en permettant leur paiement directement auprès des officinaux. Cette mesure rapporterait 2,3 milliards d’euros, d’après le Haut Conseil des finances publiques (HCFP). « Il est hors de question que nous laissions passer cette mesure délétère pour les patients. Un grand nombre d’entre eux seront obligés de faire des arbitrages préjudiciables pour leur santé. Cette mesure est aussi une double peine pour les patients chroniques qui consomment beaucoup de médicaments », avertit Julien Chauvin, président de la commission Etudes et stratégie économiques à la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).
Un cadre pour développer les biosimilaires
Le PLFSS propose une série de mesures pour améliorer la pénétration des biosimilaires, qui stagnait en 2024 à 47 % en ville. Afin de porter ce taux à 80 %, le texte propose de mettre en place un mécanisme de tiers-payant contre biosimilaires et hybrides substituables. Il préconise aussi de supprimer l’obligation pour le prescripteur d’ajouter le nom de marque à côté de la dénomination commune internationale (DCI) des biosimilaires. Problème : « Les biosimilaires sont commercialisés sous un nom de marque et pas en DCI. Cette partie du projet de loi impliquerait que le médecin prescrive en DCI et que les laboratoires inscrivent clairement la DCI pour qu’elle soit identifiable », affirme Julien Chauvin. Le syndicaliste déplore également l’absence de mesures pour mettre fin aux stratégies de contournement des laboratoires, qui « privent l’Assurance maladie d’économies appréciables et divisent par trois ou quatre les volumes de certains biosimilaires que nous dispensons. »
Une base de travail à améliorer
« Ce texte est une ébauche faite dans un temps très contraint. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui va être voté. Les mesures susceptibles d’impacter l’observance des traitements sont un point rouge », prévient Julien Chauvin, dont le syndicat espère pouvoir déposer des amendements sur le texte en Commission des affaires sociales.
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