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Nouvelle grille des salaires : calculez votre coefficient au 1er novembre
La nouvelle grille de classification des emplois de l’officine s’appliquera dès novembre prochain. De nombreux salariés se demandent s’ils vont changer de coefficient à cette date, et sous quelles conditions. On vous explique.
Après la signature de l’accord sur la refonte de la classification en avril 2025, l’arrêté d’extension a été publié au Journal officiel le 26 septembre. Cette publication rend l’application de la nouvelle grille des coefficients obligatoire pour tous les employeurs de la branche pharmacie d’officine à compter du 1er novembre 2025.
Outre la création de nouveaux échelons conventionnels pour les pharmaciens adjoints et les préparateurs, le temps nécessaire pour progresser d’un coefficient à l’autre a été raccourci dans la plupart des situations. Mode d’emploi.
La règle d’or : pas de saut de coefficient
La règle à garder à l’esprit, valable dans tous les cas, est qu’il n’y aura pas de « saut » de coefficient entre l’ancienne et la nouvelle grille des salaires, quelle que soit l’ancienneté globale ou acquise dans un échelon.
Il faut voir la grille comme une échelle : on ne peut monter que d’un barreau à la fois. Le 1er novembre, un salarié passera au coefficient immédiatement supérieur au sien uniquement s’il a atteint, dans son échelon actuel, le nombre d’années requis par la nouvelle classification pour accéder au palier suivant.
Attention : le fait de reporter directement votre nombre total d’années de pratique professionnelle (cf. infra) dans la nouvelle grille ne permet pas de déterminer votre nouveau coefficient.
Par exemple, un pharmacien adjoint atteindra le coefficient 550 au bout de 21 ans d’expérience… mais seulement s’il commence sa carrière après le 1er novembre 2025. À l’entrée en vigueur de la nouvelle classification, un adjoint en poste depuis 27 ans, au coefficient 500 depuis 2004, ne pourra avancer automatiquement qu’au coefficient immédiatement supérieur au sien, c’est-à-dire le 520.
Exemples pour les pharmaciens adjoints
- Léa, toute jeune adjointe, est au coefficient 400 depuis deux mois. Dans l’ancienne classification, il lui aurait fallu 1 an d’exercice au total pour atteindre le coefficient 430, et encore deux années supplémentaires pour arriver au 470.
Quel sera le coefficient de Léa au 1er novembre ?
Solution : les coefficients de début de carrière 400 et 430 ont été supprimés. Avec ses deux mois d’ancienneté, Léa atteindra automatiquement le coefficient 470 à l’entrée en vigueur de la nouvelle grille.
- Antoine est au coefficient 470 depuis 11 mois. Dans l’ancien système, il aurait eu besoin de 3 années complètes à cet échelon pour passer au coefficient 500. Mais il constate que son nombre d’années de pratique professionnelle (4 ans et 11 mois) dépasse largement la nouvelle durée requise pour obtenir le coefficient 500, atteignable dès la deuxième année d’exercice. « Donc, c’est OK pour le coef 500 dès novembre », pense-t-il…
Est-ce qu’Antoine se trompe ?
Solution : oui, au 1er novembre Antoine sera toujours au coefficient 470. Peu importe son expérience totale : ce qui compte, c’est l’ancienneté dans son échelon actuel. Le temps nécessaire pour passer du coefficient 470 au 500 a été réduit à seulement 1 an, donc il manque encore 1 mois à Antoine pour l’atteindre. Atteindre le coefficient 500 dès la deuxième année ne sera possible que pour les pharmaciens qui commenceront à travailler à partir de novembre 2025.
- Fatou a été diplômée il y a 21 ans. Elle est au coefficient 500 depuis 15 ans.
Quel sera le coefficient sur son bulletin de salaire de novembre ?
Solution : le 520, soit l’échelon immédiatement supérieur à celui qu’elle détient actuellement. Ses 15 années au coefficient 500 permettent largement à Fatou de franchir ce palier (la durée conventionnelle entre le coefficient 500 et le 520 nouvellement créé est de 4 ans). En revanche, elle ne peut pas enjamber plusieurs échelons pour arriver directement au 550, même si son expérience totale de 21 ans correspond théoriquement à ce niveau dans la nouvelle grille.
Exemples pour les préparateurs
- Tout juste diplômé de son Deust de préparateur/technicien en pharmacie, Marco est au coefficient 240 depuis quatre mois. Dans l’ancienne classification, il lui aurait fallu deux ans de pratique professionnelle au total pour atteindre le coefficient 250, et encore trois années supplémentaires pour arriver au 260.
Quel sera le coefficient de Marco le 1er novembre ?
Solution : le coefficient de début de carrière 240 a été supprimé. Avec ses quatre mois d’ancienneté, Marco atteindra automatiquement le coefficient 250 à l’entrée en vigueur de la nouvelle grille. Il ne lui faudra désormais qu’une année supplémentaire pour arriver au 260.
- Judith est au coefficient 260. Elle doit passer au 280 en octobre 2025, juste avant l’entrée en vigueur de la nouvelle grille le 1er novembre.
Va-t-elle rester au coefficient 280 ou peut-elle « gagner » un échelon et atteindre le 290 ?
Solution : avec seulement 1 mois d’ancienneté au coefficient 280 à l’entrée en vigueur de la nouvelle classification, il manquera 3 ans et 11 mois à Judith pour prétendre au coefficient 290. Elle l’atteindra néanmoins plus rapidement que sous l’ancien régime où il lui aurait fallu attendre 1 an de plus.
- Cela fait 19 ans que Pauline est préparatrice en pharmacie d’officine, et 5 ans qu’elle est au coefficient 290. En consultant la nouvelle grille, elle constate qu’une préparatrice avec 19 ans de pratique professionnelle se situe au coefficient 310.
Pauline peut-elle espérer atteindre directement le coefficient 310 au 1er novembre ?
Solution : non, en novembre 2025, Pauline progressera jusqu’au coefficient immédiatement supérieur au sien, c’est-à-dire le 300. Ses 5 années au coefficient 290 lui permettent de franchir ce cap, car la durée auparavant requise (6 ans) a été réduite d’une année. En revanche, elle ne peut pas « sauter » au coefficient 310, même si son expérience totale de 19 ans correspond à ce niveau dans la nouvelle grille. Pour atteindre le 310, elle devra encore patienter 5 ans.
- Sarah est au coefficient 320 depuis 6 ans.
Peut-elle obtenir automatiquement le statut d’assimilée cadre, c’est-à-dire le coefficient 330 ?
Solution : oui, le passage au statut assimilé cadre est désormais automatique au bout de 5 années de pratique professionnelle au coefficient 320. Sarah progressera bien jusqu’au coefficient 330 à l’entrée en vigueur de la nouvelle grille. Son compteur sera alors remis à zéro pour atteindre le 340 au bout de 5 ans, qui n’existait pas dans l’ancienne classification.
- En 2013, Aurélien a négocié avec son employeur pour atteindre le statut d’assimilé cadre (330), qu’il occupe depuis maintenant 12 ans.
Peut-il passer automatiquement au coefficient 400 (statut cadre) au mois de novembre ?
Solution : non, Aurélien passera au coefficient immédiatement supérieur au sien à l’entrée en vigueur de la nouvelle grille, c’est-à-dire le 340. Ses 12 ans d’ancienneté à ce niveau ne lui permettent pas de sauter plusieurs échelons mais dépassent largement les 5 ans requis pour progresser du coefficient 330 au 340. Il lui faudra 5 années supplémentaires pour atteindre le nouveau coefficient 350. En outre, le coefficient 400, attribué sur décision de l’employeur, n’est jamais octroyé automatiquement.
Rappel sur la notion de « pratique professionnelle »
Le nombre d’années de pratique professionnelle détermine la progression dans la grille de classification. L’annexe 1 à la convention collective de la pharmacie d’officine définit cette notion comme « la pratique effective acquise par le salarié dans l’emploi considéré, indépendamment du nombre d’entreprises officinales dans lesquelles il a été employé et de sa durée de travail ».
Le texte liste les périodes d’absence prises en compte dans le calcul, dont les congés payés, l’arrêt maternité, paternité et d’adoption, les arrêts maladie ou accident d’origine professionnelle ou non, continus ou non, dans la limite de 3 mois par année civile. Un même arrêt de travail ne peut donner lieu à la prise en compte de plus de 3 mois au titre de la pratique professionnelle (par exemple s’il chevauche deux années civiles).
Pour calculer vos années de pratique professionnelle à l’entrée en vigueur de la nouvelle grille, vous devez donc comptabiliser l’ensemble de votre temps d’exercice officinal effectif, en incluant les périodes d’absence dans les limites précisées.
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