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Remises génériques : c’est quoi le « Plan pharmacie » pour sauver l’officine ?
Alors que le gouvernement maintient la trajectoire 20-20 sur les remises commerciales, Philippe Besset (FSPF) appelle à une sortie par le haut via un « plan pharmacie » articulé autour du taux de 34-15 et d’une refonte de la rémunération officinale. L’USPO, par la voix de Pierre-Olivier Variot, partage la même ligne rouge. Son conseil d’administration se réunit ce soir pour trancher.
« C’est une sortie par le haut que nous proposons. Mais encore faut-il que tout le monde accepte. » Philippe Besset, président de la FSPF, tente de rallier la profession autour d’un compromis. Après le rejet par son conseil d’administration de la dernière offre ministérielle, il soumet une contre-proposition construite : un « plan pharmacie » combinant maintien des remises à un niveau de survie économique et refonte du modèle de rémunération.
30-15, 33-15 ou 34-15 : les scénarios de la dernière chance
Deux propositions s’affrontent depuis plusieurs jours. Celle de la Direction de la Sécurité sociale (DSS) fixe un taux de 30 % sur les génériques et 15 % sur les biosimilaires dès le 1er août 2025, avant une trajectoire de 20-20 en 2027. Une variante a été avancée par Catherine Vautrin et Yannick Neuder : 33-15, avec une lettre de mission à l’Assurance maladie pour explorer une réforme structurelle de l’économie officinale.
Mais pour Philippe Besset, la ligne rouge est claire : « Catherine Vautrin m’a dit qu’elle ne porterait le 34 que si nous le demandons officiellement. Mais sans garantie que Matignon l’accepte. » Le président de la FSPF propose donc un « plan pharmacie » intégrant :
- 34 % sur les génériques et 15 % sur les biosimilaires,
- abandon du 20-20 en 2027,
- augmentation des honoraires
- et réforme de la rémunération via des honoraires non corrélés aux volumes.
Pierre-Olivier Variot (USPO) :
Du côté de l’USPO, le ton est tout aussi ferme. Pour Pierre-Olivier Variot, président du syndicat, l’exécutif joue avec le feu : « On ne peut pas nous promettre une réforme à moyen terme tout en nous étranglant à court terme. La décorrélation de la rémunération aux volumes, nous y sommes favorables. Mais elle ne peut pas s’accompagner d’une baisse brutale des remises. »
Il poursuit : « Le 20-20 est une impasse si aucune mesure compensatoire n’est engagée dès maintenant. Le réseau officinal est déjà fragilisé. Ce serait suicidaire de précipiter la fermeture de plusieurs centaines d’officines rurales et périurbaines sans filet de sécurité. »
L’USPO se donne quelques heures pour se positionner. Son conseil d’administration se tient ce soir, avec pour ordre du jour l’examen du plan pharmacie tel que formulé par la FSPF. « L’heure n’est pas aux divisions. Ce plan, pour être crédible, doit être porté de manière unitaire. Nous travaillons à une position commune, mais il faut des engagements fermes de la part du ministère », insiste Pierre-Olivier Variot.
Une fédération divisée, une profession sous tension
À la FSPF, la proposition de plan a été validée à une très courte majorité. Philippe Besset a convoqué une assemblée générale mercredi prochain. « Ce n’est pas sûr que la fédération l’accepte définitivement. Mon conseil d’administration n’a pas le pouvoir de conclure seul. » En cause, la lassitude d’une base confrontée à une équation budgétaire intenable. « Une administratrice d’une petite pharmacie m’a dit : “Si c’est 35, je ferme.” Ça a changé le vote. »
Décorrélation des volumes : un chantier de deux ans
La réforme de la rémunération ne pourra pas être immédiate. « Ce processus prendra au moins un an et demi à deux ans », admet Philippe Besset. « Je refuse d’avoir le couteau sous la gorge avec un 20-20 automatique alors qu’on n’a encore rien construit. » Il propose d’engager un transfert progressif vers les honoraires, évoquant à titre d’exemple un forfait de 50 centimes par ordonnance, représentant environ 300 millions d’euros.
Même prudence du côté de l’USPO : « Il faut prendre le temps de construire une réforme pérenne. Il est hors de question d’improviser un avenant conventionnel à la va-vite sous la menace budgétaire. »
Course contre la montre avant le PLFSS 2026
L’issue se joue désormais avant le 1er août, date d’entrée en vigueur des baisses. Si la trajectoire 30-15 est validée dans un arrêté ou un article de loi, « même une motion de censure ultérieure ne suffira pas à l’annuler », prévient Philippe Besset. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 s’annonce quant à lui particulièrement redouté. « Il faut s’arrimer tout de suite. Sinon, ce sera un crash. »
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