Génériques : « À présent aux industriels de jouer le jeu »

© Getty Images/iStockphoto

Génériques : « À présent aux industriels de jouer le jeu »

Réservé aux abonnés
Publié le 14 octobre 2025
Par Christelle Pangrazzi
Mettre en favori

Au congrès national des pharmaciens qui s’est tenu à Lyon (Rhône) les 11 et 12 octobre, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a exhorté les laboratoires de génériques à appliquer sans tarder le relèvement du plafond des remises à 40 %. L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) relaie le même appel, insistant sur l’urgence de préserver la stabilité économique des officines.

Après trois mois de mobilisation et la grève historique du 18 septembre, les syndicats d’officinaux ont obtenu en octobre un recul du gouvernement. L’arrêté publié début août prévoyait d’abaisser le plafond des remises de 40 % à 30 % sur les médicaments génériques. Finalement, le texte réécrit et publié au Journal officiel le 7 octobre fixe à nouveau ce plafond à 40 %, mais seulement jusqu’au 1er janvier 2026

« Je demande solennellement aux industriels de remonter immédiatement toutes les lignes à 40 % », a lancé Philippe Besset en ouverture du congrès. « Certains l’ont déjà fait, j’espère que tous le feront », a-t-il insisté.

L’USPO : « Les fabricants doivent s’aligner »

L’USPO partage cette exigence. Pour son président Pierre-Olivier Variot, maintenir les marges des officines est « vital » : « Les fabricants doivent appliquer la règle et relever leurs remises. Sinon, tout l’équilibre obtenu par la mobilisation de la profession sera remis en cause. »

Une refonte devenue inévitable

La séquence ouverte par la réforme des génériques a mis en lumière, pour l’ensemble de la profession, la fragilité du modèle économique officinal. Les syndicats comme les pouvoirs publics s’accordent désormais sur la nécessité d’une refonte en profondeur. Le système doit évoluer vers davantage de rémunération liée au bon usage du médicament et se décorréler progressivement des volumes délivrés, qui ne peuvent plus constituer l’unique socle de l’économie des officines.

C’est dans ce contexte qu’Agnès Firmin Le Bodo, députée et titulaire en Seine-Maritime, a rappelé à Lyon : « On ne peut pas réformer un modèle économique en trois mois. » Pour celle qui a été ministre déléguée auprès du ministre de la Santé et de la Prévention, chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé un peu plus d’un an, comme pour la FSPF et l’USPO, il faudra prolonger la suspension actuelle et inscrire durablement dans la loi un plafond minimal de 40 % de remise. Ce socle, plaident les deux syndicats, doit être garanti par le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) afin de sécuriser l’activité des pharmacies et de préparer une transformation structurelle de leur modèle économique.

Publicité

Le bras de fer avec Bercy

« Le combat n’est pas terminé », préviennent de concert la FSPF et l’USPO. Car si les pharmaciens ont obtenu un sursis, l’épreuve de vérité se jouera dans les prochains mois avec l’inscription du plafond de 40 % dans le PLFSS. En toile de fond, c’est le ministère de l’Économie qui détient la clé. Entre équilibre budgétaire et survie des officines, la confrontation avec Bercy s’annonce décisive.

Sur le même sujet…
UDGPO : « Le tout honoraire serait un suicide pour la profession »
Les baisses de TFR et de prix annulées dix jours après leur entrée en vigueur
Exercice pharmaceutique et économie officinale : toutes ces questions gênantes pour la Sécu