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Le Shift Project compte s’attaquer à la prévention en santé et le juste soin
Laboratoire d’idées visant à influencer le débat sur les défis climat-énergie, le Shift Project vient de présenter sa feuille de route pour décarboner les industries de santé. Entretien avec Mathis Egnell, ingénieur de projet et coordinateur du programme santé au Shift Project.
Pouvez-vous nous rappeler l’impact du médicament et des dispositifs médicaux (DM) sur l’environnement ?
Mathis Egnell : Les industries de santé génèrent 2,5 à 3 % des gaz à effet de serre (GES) émis par la France. À elles seules, les industries du médicament émettent autant de CO2 que la production des deux millions de véhicules thermiques achetés chaque année en France. Du côté des officines, les trois quarts des GES émis sont imputables à la chaîne des médicaments en rayon, d’où l’impact majeur du choix des fournisseurs.
Comment choisir des fournisseurs verts en pharmacie ?
C’est difficile, car l’engagement écologique des laboratoires manque de transparence. Au Shift, nous poussons ainsi à la reconnaissance du futur carbone score, même s’il est certain que celui-ci ne doit pas devenir le premier élément de choix (devant l’intérêt thérapeutique). Il pourrait, en revanche, être intégré à l’autorisation de mise sur le marché (AMM), à l’évaluation de l’amélioration du service médical rendu (ASMR) et ainsi compter dans la fixation du prix, ou parmi les critères de choix lors des appels d’offres hospitaliers.
Quel est l’objet de vos prochains travaux au Shift Project ?
La production de médicaments permettant de répondre à la consommation française génère une émission de 9,1 millions de CO2 chaque année. Les problématiques d’iatrogénie et de gaspillage plaident en faveur d’un ajustement possible. Nous prévoyons d’échanger avec les médecins et les sociétés savantes, pour voir, avec la communauté médicale, comment les bonnes pratiques pourraient évoluer vers un plus juste soin et plus de sobriété médicamenteuse.
Cela passe donc aussi par la prévention ?
Oui, c’est pourquoi analyser l’impact des politiques de prévention et identifier les cobénéfices sur la santé et l’environnement sont aussi dans nos projets. Le périmètre de notre étude doit d’abord être précisément défini car la notion de prévention peut être large. Elle peut inclure les actes purement médicaux comme la vaccination, les dépistages mais aussi les campagnes publiques ((lutte contre le tabagisme, contre la sédentarité…), ainsi que les recommandations d’hygiène de vie dont pourraient s’emparer davantage les professionnels de santé. Conseiller à un patient de manger moins de viande rouge permet, par exemple, de diminuer le risque de cancer colorectal, tout en préservant davantage l’environnement. Lui conseiller de se rendre au travail à vélo sera bénéfique pour sa santé et réduira, dans le même temps, ses émissions carbone.
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