Ticket de casse

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Publié le 13 février 2016
Par Matthieu Vandendriessche
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C’est en son nom propre qu’Olivier Gryson, docteur en pharmacie et responsable digital d’un laboratoire pharmaceutique, a fait paraître le 2 février une tribune dans Les Echos. Intitulée « Et si Leclerc réinventait le conseil du pharmacien ? », elle a suscité des commentaires désapprobateurs sur le site du Moniteur des pharmacies. « J’ai été déçu par la réaction de confrères qui n’ont pas compris ma démarche », confie Olivier Gryson. Il faut dire que son sujet décoiffe. « Mettons de côté nos vieux instincts conservateurs, protectionnistes et corporatistes, projetons-nous dans un monde créatif », invite-t-il. Et imaginons que Michel-Edouard Leclerc puisse accéder aux ordonnances de patients. Il pourrait proposer une application mobile, sorte de carte de fidélité, qui prodiguerait des conseils en fonction du contenu de l’ordonnance, en tenant compte des informations du ticket de caisse. « Une ordonnance comportant un antidiabétique pourrait inciter l’application à suggérer des recettes adaptées. Cette même application pourrait s’étonner du non-renouvellement d’ordonnances et contribuer à lutter au moins partiellement contre l’inobservance. »

La réglementation actuelle ferme la porte à cette hypothèse. Mais on peut aussi imaginer des patients enclins à fournir eux-mêmes ces informations si elles sont par exemple assorties de promotions sur tel ou tel rayon de la grande surface. En devenant ainsi acteur de santé, Leclerc pourrait achever de convaincre les autorités de lui accorder la vente de médicaments. Ceci est un scénario-catastrophe, vous ne rêvez pas et quand allez-vous vous réveiller ? Car dans le domaine de la santé connectée, les géants du Net ont déjà une longueur d’avance.

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