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Pharmaciens adjoints : comment perçoivent-ils leur métier ?
Trois pharmaciens adjoints sur quatre disent exercer leur métier avec fierté. Mais derrière cette satisfaction, l’enquête BVA Xsight menée pour la section D de l’Ordre des pharmaciens auprès de plus de 3 000 inscrits révèle une réalité plus contrastée : perspectives d’évolution jugées plus que limitées (note moyenne de 4,6 sur 10), inquiétudes sur l’avenir de la profession (5,2), et sentiment persistant de déclassement au sein du système de santé (5).
Le cœur du métier – le lien avec les patients, les préparateurs et les collègues – reste fort. Les adjoints apprécient également l’implication croissante dans les missions de santé publique, telles que la vaccination, les tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) ou les entretiens pharmaceutiques. Ces nouvelles attributions sont le principal moteur de satisfaction chez les 22 % de répondants qui estiment que leur pratique s’est améliorée au cours des cinq dernières années.
Un avenir à clarifier, une attractivité à consolider
Si 31 % des adjoints envisagent de quitter la profession d’ici cinq ans, ils sont paradoxalement nombreux à souhaiter s’investir plus durablement en officine. Ainsi, 43 % aspirent à entrer au capital d’une pharmacie, dont 22 % en devenant titulaires. Cette proportion grimpe à 71 % chez les moins de 40 ans.
Pour ces jeunes générations, la participation au capital représente un levier d’implication fort, mais encore marginal : aujourd’hui, la loi limite leur part à 10 % dans une société d’exercice. Une réforme sur ce point pourrait renforcer leur ancrage dans le réseau officinal.
« Indépendants, mais pas toujours libres »
86 % des pharmaciens adjoints se déclarent globalement satisfaits de leur liberté de pratique. Pourtant, un tiers d’entre eux estiment que leur indépendance professionnelle s’est dégradée ces dix dernières années. Le sujet arrive en deuxième position des préoccupations majeures, juste après les pénuries de médicaments et devant le bien-être au travail.
Dans la pratique, les tensions apparaissent dès que l’indépendance entre en conflit avec les attentes du titulaire, d’un prescripteur ou d’un patient : 45 % des adjoints déclarent avoir déjà pris une décision non conforme à la réglementation sous pression.
Délivrance hors AMM, mais aussi gestion des commandes ou supervision des préparateurs sont identifiées comme les principales zones de tension.
Des outils trop peu connus, une demande de soutien
Les pharmaciens adjoints sont encore 70 % à ignorer les dispositifs d’alerte et de médiation existants sur le site de l’Ordre. En cas de difficulté, la hiérarchie est d’ailleurs leur premier interlocuteur : sept sur dix en parlent au titulaire avant d’envisager d’alerter l’Ordre.
L’enquête révèle un réel besoin d’accompagnement. Parmi les mesures les plus plébiscitées pour renforcer l’indépendance professionnelle : l’instauration de temps dédiés à la qualité, la mise en place d’instances d’écoute internes, la diffusion de supports pratiques (arbres décisionnels, fiches de poste), ainsi qu’un dialogue plus soutenu au sein des équipes.
Un cap à fixer pour les trois années à venir
La section D de l’Ordre s’engage à tirer pleinement parti de cette photographie inédite du métier. Un plan d’action à trois ans est en cours d’élaboration, avec plusieurs axes forts : meilleure visibilité des ressources existantes, création d’outils spécifiques liés à l’indépendance professionnelle, et dispositifs d’accompagnement dans les situations complexes.
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