Manque d’ambition

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Publié le 3 avril 2021
Par Laurent Lefort
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Lenteur de la campagne de vaccination, lourdeurs bureaucratiques, retards dans la livraison des doses, défiance de la population… Qu’un homme politique, qui plus est premier de cordée, admette, même du bout des dents, un échec est un événement suffisamment rare pour être souligné. « Nous n’avons pas été assez vite, assez fort là-dessus. C’est tout à fait vrai et nous avons pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller », a pourtant reconnu Emmanuel Macron le 24 mars lors d’un entretien à la télévision grecque. Entendons-nous, le « nous » n’est pas franco-français, il a une portée européenne. Et les spécialistes de tout poil se font au passage égratigner : « Tout le monde, les experts eux-mêmes d’ailleurs, disait : “Jamais dans l’histoire de l’humanité, on a mis moins d’un an pour faire un vaccin”. » Ne pas avoir visé aussi haut que d’autres pays (Etats-Unis et Royaume-Uni, notamment), le président assure que ce doit être une leçon : « Nous avons eu tort de manquer d’ambition, j’allais dire “de folie”, d’être capable de dire : “C’est possible et nous y allons”. Nous sommes trop rationnels peut-être. »

Trop sur la corde raide, c’est certain.

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