L’autre épidémie

Réservé aux abonnés
Publié le 22 février 2020
Par Laurent Lefort
Mettre en favori

Lors de sa passation de pouvoir avec Agnès Buzyn, ce 17 février, Olivier Véran, le nouveau ministre de la Santé, a mentionné ses priorités. En numéro 1, la lutte contre l’épidémie liée au coronavirus. Le ministre estime également nécessaire de recréer des filières productives dans le secteur du médicament en France et en Europe. « C’est possible, c’est même devenu urgent face aux ruptures qui s’accélèrent. Il n’y a pas de fatalité à ce que nous dépendions de quelques Etats à l’est du globe », a-t-il déclaré. Olivier Véran a bien raison tant les deux sujets se tricotent en maille serrée. Et si l’épidémie à redouter n’était pas celle que l’on croit ? Ici, c’est un fabricant de génériques indien qui lance une mise en garde dans le Financial Times. Les mesures de confinement prises en Chine pour prévenir l’extension de l’épidémie paralysent les chaînes de fabrication de médicaments et pourraient faire bondir les prix de production et générer « une énorme indisponibilité à travers le monde si l’arrêt se prolongeait au-delà de février ». Là, c’est le président de la Chambre de commerce européenne en Chine qui tire peu ou prou la même sonnette d’alarme, entre autres sur les antibiotiques. Même l’Agence européenne du médicament admet désormais le risque. « Pas de risque “à date” de ruptures en médicaments », rassure la très française ANSM. Penserait-elle déjà très fort aux stocks de médicaments sensibles constitués pour anticiper un potentiel risque de rupture d’approvisionnement au moment du Brexit ? A quelque chose malheur est bon.

Publicité