C’est quoi le problème ?

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Publié le 17 juin 2023
Par Laurent Lefort
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La réunion du comité de pilotage sur la pénétration des médicaments génériques, hybrides et biosimilaires formé le 8 juin sous l’impulsion de la direction de la Sécurité sociale a accouché d’une souris. Ce n’est pas moi qui le dis mais l’Agence de presse médicale, APMnews. Plusieurs dizaines de personnes réunies pour aboutir, pour l’instant, à aucune décision ni proposition d’action. Alors même que l’Agence européenne des médicaments se positionne en faveur d’une interchangeabilité (côté médecins) et d’une substituabilité (côté pharmaciens) de tous les médicaments biologiques. Et en France ? Les associations de patients et les laboratoires pharmaceutiques ne poussent pas à plus de substitution biosimilaire en officine (limitée à deux molécules aujourd’hui, le pegfilgrastim et le filgrastim). Ce n’est évidemment pas le cas du Gemme, l’association des génériqueurs. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ? Elle serait « assez frileuse », selon un acteur du secteur. Les médecins ? « Ils ont fait preuve d’un corporatisme d’arrière-garde ». Le cabinet du ministre de la Santé et de la Prévention ? Même pas présent à la réunion pour donner l’impulsion politique tant attendue. Et nous, pharmaciens ? On n’exige vraiment pas la lune. Tout juste en est-on réduit aujourd’hui à espérer que le Répertoire des biosimilaires s’enrichisse de l’énoxaparine. Et à souhaiter que ces échanges soient une source d’inspiration pour nourrir, à l’automne, le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Dix ans après l’arrivée des biosimilaires sur le marché, ce vœu ne peut être taxé de caprice. D’autant que le gouvernement doit sans cesse et toujours faire des économies sur les dépenses pharmaceutiques. Son problème similaire.

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