Yves Porteix Monsieur 100 %

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Publié le 29 mars 2014
Par Myriem Lahidely
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Alors que le second tour des municipales s’annonce serré pour de nombreux candidats, Yves Porteix, pharmacien, n’a, lui, plus rien à craindre. Il a été réélu haut la mainà Sorède, une commune de 3 084 habitants des Pyrénées-Orientales.

Je peux presque dire que j’ai passé ma vie en mairie. » Yves Porteix, dont la liste « Sorède mon village – la seule en lice – a été élue à 100 %* des votes exprimés dès le premier tour, peut s’honorer d’une belle longévité municipale. Il a commencé tôt, à 22 ans, comme conseiller municipal (1977) alors qu’il étudiait la pharmacie, avant de devenir adjoint à la jeunesse et au sport (83-89) puis, depuis, maire sans discontinuer. Dans son village natal de surcroît.

Le premier magistrat, qui fut titulaire de l’unique officine du bourg pendant 25 ans, reconnaît qu’« être pharmacien apporte énormément, les gens vous font confiance en tant que patients, puis ils viennent dans votre officine pour se soigner et pour vous parler de leurs problèmes de famille ou d’administrés ». S’il a vendu en janvier 2012 en vue de sa nouvelle candidature, « parce qu’il est difficile de faire les deux », l’édile – qui fait désormais des remplacements dans la région à un tiers-temps jusqu’à sa retraite – se souvient d’avoir été à chaque fois « réélu avec plus de 75 % des suffrages ». Probablement son bilan y est-il pour quelque chose. Il a consacré quatre mandats à moderniser et embellir ce village du pied des Albères dont la population a gagné près de 1 000 habitants en vingt ans. A l’actif de son équipe : une nouvelle mairie, une crèche, la rénovation du complexe sportif, la réfection de la salle des fêtes et de l’office de tourisme, l’agrandissement des écoles, la création d’une cantine et d’une place de marché… En projet notamment : un pôle médical sur un terrain vendu par la commune – « sensibilisée à la désertification » –, des terrains à aménager pour créer une zone touristique autour d’un parc existant consacré aux tortues (la Vallée des tortues), qui génère 45 000 entrées par an.

Une équipe rajeunie et féminisée

« On n’est pas là pour inaugurer des chrysanthèmes ou dévoiler des plaques, on est au service des gens et on touche à tout », résume le maire sortant sans étiquette qui avait engagé son dernier mandat sous la bannière du développement durable. Sa commune a ainsi obtenu en 2011, pour trois ans, le label Agenda 21 du ministère de l’Ecologie pour le programme élaboré en matière de qualité de vie et d’attractivité de son territoire. « Nous avons été une des premières communes de la Région à développer des aides pour favoriser l’énergie solaire chez les particuliers, qu’il s’agisse de chauffe-eau solaire, de panneaux photovoltaïques ou de géothermie, fait observer Yves Porteix. Sorède est inscrite dans cette symbolique depuis qu’au début du siècle dernier un prêtre défroqué portugais est venu y créer le premier four solaire du monde. » L’expérience aurait été occultée, par superstition, jusqu’aux années 1980. Mais l’équipe municipale, qui a symbolisé l’ancrage en créant un cadran solaire révolutionnaire de 12 mètres de haut au cœur du village, veut faire reconstruire le vieux four dans un lieu plus visible. Histoire d’ajouter, si ce n’est un filon économique – dans la capitale du micocoulier où se fabriquent fouets, bâtons de marche et cravaches (notamment pour Hermès) –, un motif touristique dans une commune à 8 kilomètres de la Côte vermeille et qui double sa population en été.

Pour repartir d’un bon pied dans un cinquième mandat, Yves Porteix a renouvelé son équipe, l’a rajeunie et surtout féminisée. « En 1977, il n’y avait qu’une seule femme au conseil ; dans mon dernier exercice, elles étaient sept et elles sont onze aujourd’hui, sur vingt-trois élus », calcule le pharmacien, qui n’en a pas oublié son officine pour autant : parmi ses colistiers figure le pharmacien Vincent Cayron qui a acheté ses parts il y a deux ans.

Pendant la campagne, l’amateur de rugby est resté serein. « Un match n’est jamais gagné d’avance. J’ai gagné, ce n’est pas une surprise, mais ce sera mon dernier mandat. »

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* Taux de participation de 63,3 % et 79 % de votes exprimés.

Ses dates clés

1977 Conseiller municipal.

1978 Diplôme de pharmacien de l’universitéde Montpellier-II.

1980 Première installation comme pharmacien.

1989 Premier mandat de maire de Sorède.

2014 Réélu pour la cinquième fois.