Ventes des génériques et biosimilaires en 2020 : bilan préoccupant

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Ventes des génériques et biosimilaires en 2020 : bilan préoccupant

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Publié le 13 avril 2021
Par Francois Pouzaud
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Le marché du générique a souffert de la crise sanitaire liée au Covid-19. A périmètre constant, c’est-à-dire par comparaison au Répertoire des génériques figé au 31 décembre 2019, sans prendre en compte l’arrivée des molécules qui ont perdu leur brevet sur l’année 2020, le marché des génériques de ville remboursable n’a pas échappé au mouvement du marché pharmaceutique global, baissant en unités de 1,8 % contre – 0,1 % en 2019. La croissance observée à périmètre courant  (avec l’apport des molécules dont le brevet s’est échu en 2020) de +1,1 % (versus +1,3 % en 2019) est donc en trompe l’œil. Elle est portée par ces nouvelles molécules et le développement de la substitution (+ 2,6 points, taux observé par la Caisse nationale de l’assurance maladie : 91,6%).

Cette physionomie du marché se réitère depuis plusieurs années, attestant de l’essoufflement du générique en France alors que ses perspectives de développement restent intactes. Avec 1 143 millions d’unités vendues au sein du Répertoire des génériques, la part de marché des génériques en 2020 atteint 80,11 % dans ce périmètre, mais au sein du marché pharmaceutique remboursable en ville, elle ne pèse toujours que 40 %. Et ce, même s’ils ont représenté plus de 75 % des spécialités utilisées pendant la crise sanitaire. Tirant à nouveau la sonnette d’alarme, le Gemme, l’association des génériqueurs, réclame une évolution de la réglementation et la mise en place de mesures incitatives pour accélérer le développement du marché.

Les biosimilaires offrent un bilan encore plus préoccupant. Ce marché toujours émergent et dépendant des aléas de la réglementation a en effet connu une croissance moindre qu’en 2019 à l’hôpital (+18 % vs +48 %) et elle a été stoppée net en ville (+ 8,7 % vs +123 % en 2019), figeant leur taux de pénétration à 23 %. L’objectif de 80 % de recours aux biosimilaires en 2022 fixé dans la Stratégie nationale de santé s’éloigne chaque jour un peu plus.

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