Répartition : les parlementaires mis devant leurs responsabilités

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Répartition : les parlementaires mis devant leurs responsabilités

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Publié le 10 octobre 2018
Par Francois Pouzaud
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A la veille de l’ouverture des débats parlementaires sur le projet de loi de financement de PLFSS 2019 et d’un inévitable nouveau tour de vis budgétaire sur le médicament, alors même que les discussions piétinent avec les ministères et la Direction de la sécurité Sociale (DSS) sur une refonte de la rémunération des grossistes, la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP) a organisé ce mercredi 10 octobre à Paris un colloque sur le thème de « l’égalité territoriale d’accès aux soins et aux médicaments ». Un enjeu vital mais qui est aujourd’hui sérieusement menacé, comme l’a rappelé Hubert Olivier, vice-président de la CSRP. « Notre économie est gravement fragilisée, notre résultat d’exploitation est en négatif sur 2017 (- 23 M€) et le sera aussi en 2018, c’est sans précédent, exhorte-t-il. Les répartiteurs sont dans une situation d’urgence, et ne pas les soutenir économiquement, c’est rendre l’approvisionnement en médicaments de tout le territoire potentiellement à risque ».  Avec des conséquences dommageables pour tous. 
Pour les pharmaciens : dégradation du maillage territorial et du niveau de services de leur répartiteur. Pour les territoires : disparition de certaines pharmacies rurales qui contribuent grandement à leur dynamisme. Pour les patients : rupture de l’égalité dans l’accès au médicament. Un danger multiple dont a pris la mesure Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’ordre des pharmaciens qui se déclare « préoccupée par l’affaiblissement de ce maillon de la chaîne de distribution. »

S’adressant à Jean-Carles Grelier, député LR de la Sarthe, l’invité parlementaire de ce colloque, Hubert Olivier réclame la suppression de la taxe sur les ventes en gros (une dime de 200 M€, soit près de 20 % de la marge réglementaire annuelle des grossistes, qui pèse trop fortement sur la distribution du médicament générique) et la mise en place d’une rémunération supplémentaire sur les produits thermosensibles et les stupéfiants. Deux mesures qui coûteraient globalement moins de 100 M€. 
Convaincu que le prochain PLFSS doit rompre avec « l’orthodoxie budgétaire qui finira pas tuer notre système de santé » et qu’il faut, au niveau des politiques « changer de paradigme et de regard », Jean-Carles Grelier se dit favorable à une évolution vers une rémunération forfaitaire à la boîte des répartiteurs, rejoignant ainsi l’une des revendications de la CSRP, en particulier sur la dispensation du générique.

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