Olivier Véran : un hommage appuyé à son action en faveur des pharmaciens

Olivier Véran : un hommage appuyé à son action en faveur des pharmaciens

Publié le 6 octobre 2025
Par Christelle Pangrazzi
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L’ancien ministre de la Santé a été distingué, le 3 octobre à Paris, par le prix Bruno Soufflet. La cérémonie, organisée devant un auditoire réuni à Paris, a été marquée par les interventions de Laurent Filoche, président de l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO) puis d’Olivier Véran lui-même. Le rôle central confié aux pharmaciens durant la crise sanitaire et au-delà a largement été évoqué.

Face à un parterre de professionnels et de personnalités du monde de la santé, Laurent Filoche, président de l’UDGPO a ouvert la cérémonie de remise du prix Bruno Soufflet. 

Il a retracé le parcours d’Olivier Véran. Médecin neurologue, député de l’Isère, rapporteur général de la commission des affaires sociales, puis ministre des Solidarités et de la Santé au cœur de la pandémie, il a, selon lui, marqué « un tournant décisif dans l’histoire de la profession pharmaceutique ».

L’hommage s’est voulu précis : mise en place des tests antigéniques en pharmacie, accès facilité à la vaccination, extension progressive des compétences vaccinales, prescription de certains médicaments, développement de la pharmacie clinique et intégration renforcée dans les parcours de soins.
« Vous avez permis à notre profession de passer du statut de dispensateur de médicaments à celui d’acteur de santé de premier recours », a souligné Laurent Filoche.

Le pharmacien, preuve vivante que la santé, ce n’est pas que l’hôpital

Prenant la parole à son tour, Olivier Véran a livré un discours très personnel, mêlant souvenirs de crise et regards d’avenir. « Dès mars 2021, plus de 18 000 officines ont commandé des vaccins en une semaine. Vous avez démontré votre réactivité et gagné la confiance des Français », a-t-il rappelé.

Il a évoqué plusieurs mesures prises sous son ministère :

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– la délivrance exceptionnelle de traitements chroniques sans ordonnance renouvelée à cause et pendant le confinement ;

– la sécurisation des autotests en pharmacie, « et non dans les rayons surgelés des supermarchés » ;

– l’ouverture des missions conventionnelles comme le pharmacien correspondant, la télésanté en officine et les entretiens pharmaceutiques.

Revenant sur les résistances rencontrées, il a insisté : « Faciliter l’accès aux soins, ce n’est pas voler du travail, c’est être au service des patients. »

Missions sociales et avenir du métier

Au-delà des compétences réglementaires, Olivier Véran a insisté sur les missions sociales souvent assumées par les pharmaciens. « Derrière votre comptoir, vous êtes parfois l’oreille d’un patient isolé, le soutien d’une famille en détresse, l’aide administrative de celui qui ne sait pas envoyer un mail », a-t-il décrit, appelant à reconnaître ces tâches invisibles dans les futures rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp).

Pour l’avenir, il a esquissé les champs où les officinaux auront un rôle croissant : prévention, dépistage, maladies chroniques, vaccination et santé numérique. « La société change, les besoins explosent, et vous êtes prêts », a-t-il assuré.

Symbole et hommage, l’histoire d’un prix

Le prix Bruno Soufflet, institué par l’UDGPO en 2021, en mémoire de Bruno Soufflet, président du groupement Mutualpharm décédé en janvier de la même année, vise à récompenser chaque année une personnalité ou une organisation ayant œuvré à la reconnaissance et au développement de la profession.

En recevant cette distinction, Olivier Véran a tenu à partager l’honneur avec les pharmaciens : « Si ce prix est pour moi, je le prends surtout comme un rappel : quand j’ai été à vos côtés, c’était pour vous permettre de rester aux côtés des Français. »

L’ancien ministre, qui s’est retiré de la vie politique nationale, a conclu sur une note humaine et symbolique :
« Le pharmacien est souvent présenté comme le premier recours, le dernier rempart. J’y ai vu surtout la preuve que la santé, ce n’est pas seulement les hôpitaux ou les ministères, c’est une porte de quartier, une voix rassurante, un conseil donné avec humanité. »

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