Les Français consomment des médicaments chers

Réservé aux abonnés
Publié le 19 mars 2011
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

En 2010, les dépenses de soins de ville de l’Assurance maladie n’ont progressé que de 2,8 % à 60,5 Md€ (avec un taux moyen de remboursement de + 0,5 %). Il s’agit d’un des plus faibles taux de croissance enregistrés depuis 2000. Et pour la première fois, cette évolution modérée est dans les clous de l’Ondam fixé à + 2,8 % pour les soins de ville. Le poste médicament (18 Md€) est l’un des plus gros contributeurs à ce résultat. La croissance des remboursements est à un niveau historiquement bas de 2,3 % ramené à 1,4 % après correction des retards de facturation des rétrocessions de 2009. Cette faible progression de la consommation médicamenteuse est le résultat d’une augmentation mesurée de 3,1 % des volumes et de baisses de prix de 2,2 %.

114 euros de dépenses par habitant

En 2009, la France figure ainsi parmi les pays qui maîtrisent le mieux ses dépenses de santé. En revanche, elle se hisse à la deuxième place, ex-aequo avec l’Espagne, derrière le Royaume-Uni, dans les comparaisons européennes des pays les plus dépensiers en médicament par habitant. Même si les écarts se réduisent du fait du tassement de la consommation et d’une meilleure maîtrise de la croissance des volumes notamment sur les IPP (+ 3,6 %), les statines (+ 4,5 %) et les antidépresseurs (– 1 %), la France consomme 382 unités standards par habitant. Quant aux dépenses par habitant, elles s’élèvent à 114 € sur les 8 principales classes de médicaments. En cause, une structure de consommation défavorable liée à un attrait pour la nouveauté des prescripteurs au détriment de médicaments disposant d’une alternative générique.

Publicité