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Publié le 8 février 2020
Par Francois Pouzaud
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Etes-vous surpris par l’alignement des prix de certains princeps sur ceux de leurs génériques ?



Non

Serge Bernard, Nîmes (Gard)

Je ne suis pas du tout surpris par cette querelle de chapelle, chacun cherche à défendre son bifteck. Si le princeps ne fait rien et maintient un écart de prix avec ses génériques, avec les nouvelles règles de remboursement, ses ventes vont se réduire comme peau de chagrin. Le système a toujours eu des biais mais le dispositif actuel n’arrange personne, ni les princeps, ni les génériqueurs, ni les pharmaciens. Un alignement de prix généralisé entre princeps et génériques serait très inquiétant pour l’économie de l’officine et notre ROSP. D’un autre côté, si le princeps disparaît complètement, il n’y a plus de raison pour l’Etat de donner des incitations financières à substituer au pharmacien. Le fait que des princeps s’alignent sur les génériques et proposent les mêmes remises ne me fera pas pour autant changer ma politique d’achats.



NON

Cette manœuvre industrielle pour ne plus subir la concurrence des génériques et éviter de perdre ses dernières parts de marché de princeps ne me surprend pas. S’il ne fait rien et se maintient à son prix, créant alors un reste à charge pour le patient avec l’application de l’article 66 de la LFSS 2019, le princeps ne va plus exister.
Cette stratégie n’est pas terrible pour l’économie de l’officine mais on ne peut rien y faire. Je ne sais pas si les patients ont été informés de ces premiers alignements de prix des princeps sur ceux de leurs génériques, mais pour l’instant, aucun de mes patients sous amlodipine en générique ne m’a demandé Amlor.

Stéphane Gloro, Vincennes (Val-de-Marne)



OUI MAIS…

Vincent Dumenil , Pont-de-Chéruy (Isère)

Je suis surpris sans l’être. Je le suis parce que les laboratoires en question ont attendu un moment précis (l’article 66 de la LFSS 2019 qui institue une base de remboursement unique au sein d’un groupe générique) pour aligner leurs prix sur ceux des génériques, alors qu’ils auraient pu le faire bien auparavant. Cependant, cela relève d’une stratégie industrielle prévisible pour préserver les ventes de la concurrence des génériques. Je trouve ce procédé malhonnête par rapport à la société, au patient et au pharmacien. Les deux laboratoires ont profité du système jusqu’au bout dans leur seul intérêt économique. Et pour l’un d’eux, communiquer sur sa stratégie de prix, cela a pour effet de relancer auprès des patients une idée fausse selon laquelle le princeps serait meilleur que ses génériques et de remettre en cause la substitution du pharmacien.