Insécurité en officine : déclarations d’agression en hausse de 58 %

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Insécurité en officine : déclarations d’agression en hausse de 58 %

Publié le 19 juillet 2019
Par Francois Pouzaud
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Les dernières statistiques publiées ce 19 juillet 2019 (sur son site) par l’Ordre des pharmaciens en matière d’insécurité en officine font état d’une recrudescence des déclarations d’actes d’incivilité et de violence à l’encontre des pharmaciens et de leurs équipes officinales de 58 % en 2018, soit 336 déclarations contre 212 en 2017. Une hausse qui s’explique à la fois par la plus grande facilité de déclaration sur le site de l’Ordre mais aussi par l’élan de déclaration malheureusement suscité par les débordements des manifestations des « Gilets jaunes ». 

Côté tendances, peu de changements par rapport aux années précédentes. Le premier motif d’agression reste inhérent aux refus de délivrance pour ordonnance non conforme (35 % des déclarations en 2018), devant le vol représentant un quart des agressions (25,8 %). Celles liées aux stupéfiants continuent à baisser (14,7 % des déclarations en 2018 contre 18 % en 2017).

Les injures et menaces dont sont victimes les officinaux, en revanche, ne faiblissent pas et constituent toujours à peu près la moitié des agressions déclarées. L’agression par arme à feu, de loin la plus traumatisante sur le plan psychologique, n’est plus présente dans les déclarations qu’à 2,7 % (contre 6,1 % en 2017). A 51 %, les agresseurs sont des habitués de l’officine, connus des équipes.

La part des agressions très violentes, nécessitant une hospitalisation des victimes, est stable à 2 %. Plus de 90 % des agressions sont heureusement sans gravité pour les personnes. Toutefois, dans 4 % des cas, un arrêt de travail est prescrit pour la victime, avec une durée moyenne de l’arrêt de 12 jours.

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Autre constante relevée dans ce panorama annuel sur l’insécurité dans les pharmacies : les officines des villes de 2 000 à 30 000 habitants concentrent 50 % des agressions déclarées.  Enfin, le top 3 des régions recensant le plus nombre d’agressions déclarées est inchangé mais le classement est modifié. En 2018, c’est la Nouvelle-Aquitaine qui arrive en tête (14 % des déclarations), devant le Grand Est (11,9 %) rétrogradé à la seconde place et l’Ile-de-France (11,6 %) à la troisième place. Cependant, proportionnellement au nombre d’officines dans la région, c’est en Bourgogne-Franche Comté (3,4 %) et en Grand Est (2,5 %) qu’il y a eu le plus de déclarations d’agression en France métropolitaine.