Convention pharmaceutique : désaccords sur les négociations à conduire avant la fin de l’année

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Convention pharmaceutique : désaccords sur les négociations à conduire avant la fin de l’année

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Publié le 8 octobre 2020
Par Francois Pouzaud
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Lors de la Commission paritaire nationale (CPN) du 7 octobre, Thomas Fatome, directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), a assisté à une passe d’armes entre la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Les deux syndicats ne sont ni d’accord sur les thèmes prioritaires de la négociation conventionnelle ni sur la célérité avec laquelle elle doit être menée.

Alors que l’USPO souhaite aboutir avant la fin de cette année sur le portage à domicile des médicaments, le pharmacien correspondant et la préparation des doses administrées (PDA), la FSPF réclame une enveloppe d’urgence pour compenser les sanctions financières subies par l’officine (déremboursement de l’homéopathie au 1er janvier 2021, baisse des honoraires pour ordonnances complexes, délai de réduction d’écoulement des stocks… voir notre article ici) d’un montant estimé par ce syndicat à 285 M€. « Les pharmaciens ont été les oubliés du Ségur de la santé, tandis que la réforme de l’avenant n°11 ne prévoit plus rien après 2020 », fustige Philippe Besset, président de la FSPF. Le directeur de la Cnam a assuré qu’il remontera ce message au cabinet du ministère de la santé.

Mais 2021 est une année électorale (URPS) et Thomas Fatome a fait savoir aussi que les négociations sur la poursuite de la réforme de la rémunération devront attendre le résultat de ces élections qui auront lieu en avril. « La seconde étape de la réforme aura pour objectif de détacher encore plus la rémunération des baisses de prix et des volumes, et d’aller davantage vers une valorisation à l’acte et des services centrés autour du patient », explique Gilles Bonnefond, président de l’USPO. Sans attendre, il a demandé à l’Assurance maladie de mener une campagne de communication sur les entretiens pharmaceutiques et les bilans partagés de médication auprès des populations cibles.

En comparaison, la négociation interprofessionnelle est bien mieux amorcée. Deux axes de travail ont été arrêtés lors de la séance du 7 octobre : l’organisation des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour répondre aux urgences sanitaires et la construction d’une forme de coordination des soins très légère autour du patient, sans projet de santé formalisé ni modèle juridique imposé. Selon Philippe Besset, cet axe de travail, autour d’un forme proche du modèle que défend la FSPF, « l’équipe coordonnée traitante » (ECT), a été bien accueilli par l’Assurance maladie et les médecins.

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