Convention pharmaceutique : à mi-parcours, l’USPO dresse un bilan positif

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Convention pharmaceutique : à mi-parcours, l’USPO dresse un bilan positif

Publié le 17 septembre 2019
Par Francois Pouzaud
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Lors de sa conférence de presse de rentrée, lundi 16 septembre, Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), a dressé le bilan, à mi-parcours, de l’avenant n°11 à la convention pharmaceutique signé en juillet 2017 avec l’Assurance maladie.

En 2018, la rémunération a été stabilisée grâce à la modification des paramètres de marge. En 2019, l’introduction des honoraires de dispensation fait passer la profession en positif, ce qu’elle n’avait pas connu depuis de nombreuses années.

« Sur 2019, à fin juillet, la rémunération sur le médicament remboursable a progressé de 59,4 M€ (d’après des données IQVIA) malgré la baisse continue des unités », rappelle Gilles Bonnefond en premier lieu. La réforme actuelle est protectrice : « La baisse des unités s’accélère. Sur la période 2015 à 2017 de la première réforme introduisant un honoraire à la boîte, les unités ont baissé de 86,6 millions en 3 ans. Sur les 19 mois de la seconde réforme, elles baissent de 84,5 millions, soit autant en deux fois moins de temps », remarque-t-il. La rémunération est donc plus pénalisée sur la période 2018-2019 par l’honoraire de 1 € à la boîte.

Malgré ce lourd handicap, la rémunération se redresse en 2019 (+ 43,7 M€ depuis le 1er janvier 2018), alors que sur la période de 2015 à 2017, le réseau officinal a perdu 345,5 M€, dont 84,5 M€ au titre de l’honoraire à la boîte et 261 M€ de marge commerciale. 

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Gilles Bonnefond pousse l’analyse en comparant les deux réformes sur la même échelle de temps (les 19 premiers mois de chaque réforme) : l’évolution comparée de la rémunération montre un différentiel de 221,3 M€ à l’avantage de la réforme de 2018-2020 (+ 43,7 M€) contre – 177,6 M€ pour la réforme de 2015-2017. Une performance globale de l’avenant n°11 néanmoins plombée par une perte d’honoraires à la boîte de 82,5 M€.

Concernant l’axe métier de l’avenant n°11, un axe stratégique indissociable du nouveau modèle économique de la pharmacie, le président de l’USPO insiste sur la cohérence entre les deux : « Si nous n’avions pas engagé cette réforme qui conforte le rôle du pharmacien auprès des patients dans les territoires, nous serions passés à côté de la réforme, la nouvelle rémunération est plus adaptée aux futurs besoins et à la stratégie du bon usage des volumes de médicaments prescrits », appuie-t-il.

Il conclut : « C’est un énorme risque qu’il fallait assumer. Aujourd’hui, le message sur la valorisation des compétences passe auprès des pharmaciens, la palette de nouvelles missions continue à se construire et le changement des modalités de paiement des entretiens pharmaceutiques et des bilans partagés de médication d’ici la fin de l’année va donner un coup d’accélérateur à l’avenant n°11. »