Complémentaires santé : la facture risque de grimper en 2026

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Complémentaires santé : la facture risque de grimper en 2026

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Publié le 29 septembre 2025
Par Christelle Pangrazzi

Les cotisations des complémentaires santé devraient encore augmenter en 2026, avec des hausses comprises entre + 2 et + 10 % selon les contrats. Une dynamique qui inquiète autant les ménages que les pharmaciens, car elle menace directement l’accès aux soins et la consommation de médicaments.

En quinze ans, les cotisations des complémentaires santé ont bondi de plus de 60 %. Selon les dernières estimations du cabinet Facts & Figures, spécialisé en stratégie et management, les tarifs progresseront encore en 2026 de + 2,5 à + 3,5 % en moyenne, avec des pointes à + 10 % pour certains contrats individuels.
Le mouvement reste largement supérieur à l’inflation (attendue autour de 1 %) et dépasse la progression de l’Ondam. Entre 2023 et 2025, certaines formules avaient déjà connu des envolées supérieures à + 7 %, alourdissant considérablement la charge pour les ménages.

Des causes structurelles…

Le vieillissement de la population alimente mécaniquement la consommation de soins, notamment les actes lourds et chroniques. Le coût des technologies médicales, toujours plus sophistiquées, renforce cette dynamique inflationniste, tout comme l’augmentation du prix de l’hospitalisation ou de certains dispositifs médicaux.
À cela s’ajoute une incertitude réglementaire persistante : la perspective d’une taxe exceptionnelle sur les complémentaires santé, régulièrement évoquée par le gouvernement, incite déjà les organismes à provisionner des marges de sécurité dans leurs grilles tarifaires.

… mais des marges sous surveillance

Pour plusieurs économistes de la santé, l’explication n’est pas uniquement démographique ou médicale. Ils rappellent que les tarifs des mutuelles ont progressé de 20 % en deux ans, quand l’inflation et l’Ondam n’augmentaient que de 10 %. Ce différentiel nourrit le soupçon de marges excessives, dans un secteur où la concurrence entre mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance se double d’une recherche de rentabilité.

Une pression directe sur l’officine

Chaque augmentation des cotisations fragilise l’accès aux soins, particulièrement pour les retraités et les actifs modestes, dont le reste à charge s’alourdit. Les effets sont rapidement perceptibles au comptoir : reports d’achats, renoncements à certains dispositifs médicaux, hésitations sur des traitements non remboursés intégralement par l’Assurance maladie.

Pour les pharmaciens, cette évolution a des conséquences économiques tangibles. Une partie du chiffre d’affaires dépend de la solvabilité des patients et de la fluidité de leurs remboursements. Lorsque les complémentaires ajustent leurs garanties, la délivrance devient plus incertaine et certains équilibres financiers peuvent vaciller.

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Dans un contexte déjà tendu sur le maillage officinal, cette nouvelle flambée tarifaire risque d’accentuer la fragilité du réseau. Les complémentaires santé, censées sécuriser l’accès aux soins, deviennent ainsi un facteur supplémentaire d’instabilité pour l’économie officinale.

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