L’obésité

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Publié le 31 août 2013
Par Anne-Gaëlle Harlaut
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Infection transmise par les aliments, la diarrhée du voyageur reste souvent bénigne. Une forme fébrile ou dysentérique nécessite une antibiothérapie.

Qu’est-ce que l’obésité ?

Reconnue « maladie » par l’OMS, l’obésité est définie comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Son stade d’évolution est évalué par la mesure de l’indice de masse corporelle IMC (kg/m2) = poids (en kg)/taille2 (en m2). On parle d’« obésité modérée » pour un IMC compris entre 30 et 35, « sévère » entre 35 et 40 et « majeure » au-delà de 40. En France, 15 % des adultes sont concernés.

Quelles sont les causes ?

L’obésité résulte d’un déséquilibre prolongé de la balance énergétique dont l’origine est multifactorielle : excès d’aliments à forte densité énergétique, sédentarité, prédisposition génétique, perturbations hormonales.

Elle est favorisée par certains médicaments (antipsychotiques, corticoïdes…), les troubles du comportement alimentaire (hyperphagie boulimique…) et/ou anxiodépressifs, l’effet « yo-yo » des régimes et les difficultés socio-économiques.

Quelles sont les conséquences ?

L’obésité accroît le risque de troubles métaboliques (diabète de type 2, cardiopathies ischémiques, HTA…), mécaniques (insuffisance veinolymphatique, arthrose, asthme, apnées du sommeil, RGO…) et de certains cancers (œsophage, pancréas, colorectal…). Elle génère en outre de fréquents troubles psychosociaux (perte de l’estime de soi, discriminations socioprofessionnelles…).

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Quelle est la prise en charge ?

La prise en charge vise une perte pondérale réaliste (5 à 15 % du poids initial) et stabilisée, un contrôle des comorbidités et une amélioration de la qualité de vie. Individualisée, elle s’appuie sur la correction des erreurs alimentaires, la prescription d’activité physique et un soutien psychologique (méthodes cognitivo-comportementales). Elle est assurée en premier recours par le généraliste puis, si besoin, par des équipes pluridisciplinaires en ville ou en milieu hospitalier.

Quelle est la place des médicaments ?

En France, seul l’orlistat dosé à 120 mg (Xenical et générique) a une indication dans le traitement de l’obésité chez l’adulte (IMC ≥ 30 kg/m2) en association à un régime modérément hypocalorique. Cet inhibiteur de lipases gastro-intestinales qui bloquerait l’assimilation de 25 % des graisses ingérées n’est toutefois par recommandé par la HAS « au regard de son efficacité modeste, des effets indésirables, notamment digestifs, et des interactions médicamenteuses ».

Quand recourir à la chirurgie bariatrique ?

La chirurgie bariatrique (anneau gastrique, by-pass…) peut être envisagée après échec d’une prise en charge « classique » pendant 6 mois au moins chez l’adulte avec un IMC > 40 kg/m2 ou >  5 kg/m2 associé à au moins une comorbidité.

EN PRATIQUE

• L’orlistat n’a qu’une place modeste dans la prise en charge de l’obésité.

• La prise se fait immédiatement avant, pendant ou jusqu’à une heure après un repas comprenant environ 30 % de graisses. Elle doit être sautée en l’absence de repas ou s’il ne comporte pas de graisses.

• L’absorption des vitamines liposolubles pouvant être diminuée, une complémentation peut être prescrite en cas de traitement au long cours.

• En cas de diarrhées importantes, l’efficacité de la contraception orale peut être réduite.

Sources : « Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours. Recommandations pour la pratique clinique », HAS, septembre 2011 ; « Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », www.anses.fr ; « Obésité et surpoids », aide-mémoire n° 311, OMS, mars 2013, www.who.int.