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La maladie de Lyme
Transmise par piqûre de tique, la borréliose de Lyme peut provoquer à plus ou moins long terme des signes cliniques très polymorphes et potentiellement graves. Protection, surveillance et traitement antibiotique dès les premiers signes sont les mesures à faire adopter.
De quoi s’agit-il ?
La maladie de Lyme est une infection due à une bactérie du genre Borrelia. Elle est transmise par piqûre de tique infectée.
Le risque de transmission augmente avec le temps de contact cutané (maximal entre la 48e et la 72e heure du repas sanguin) et le taux d’infestation des tiques (5 à 20 % selon les régions).
L’incidence en France, sans doute sous-évaluée, est estimée à 43 cas/an pour 100 000 habitants avec des disparités régionales (maximale en Alsace).
Quels sont les signes cliniques ?
Phase primaire : en moyenne 1 à 4 semaines après la piqûre, caractérisée par l’érythème migrant, évocateur mais inconstant (60 % des cas). Fièvre, céphalées, myalgies, arthralgies et adénopathies peuvent coexister.
Phase secondaire : plusieurs jours à semaines après piqûre, caractérisée par des manifestations non spécifiques plus ou moins associées, neurologiques (neuroborréliose précoce, méningoradiculite avec douleurs, paralysie), rhumatologiques (arthralgies, arthrite), cutanées (lymphocytome borrélien avec nodules indolores de localisation diverse), cardiaques (myocardite), ophtalmologiques (baisse de l’acuité, troubles de l’accommodation…).
Phase tertiaire : plusieurs mois après, caractérisée par des manifestations polymorphes, parfois récurrentes malgré le traitement, de type neurologiques (neuroborréliose tardive avec troubles cognitifs, ataxie, neuropathies sensitives…), dermatologiques (acrodermite chronique atrophiante), rhumatologiques (arthrite chronique) ou autres (asthénie, algies diffuses…).
Quelle est la prise en charge ?
Des arguments d’exposition à une piqûre, des signes cliniques compatibles et des examens biologiques (recherche de la bactérie et/ou des anticorps spécifiques) permettent de poser le diagnostic. Ces tests manquent de sensibilité et de spécificité, rendant le diagnostic difficile.
Le traitement repose sur l’antibiothérapie, mise en place le plus tôt possible.
– Phase primaire : amoxicilline (1 g 3 fois par jour chez l’adulte) ou doxycycline per os (100 mg 2 fois par jour) pendant 14 à 21 jours ou, si allergie ou contre-indications, azithromycine per os (500 mg/j) pendant 10 jours.
– Phases secondaires et tertiaires : mêmes molécules dont le choix et la durée de traitement (21 à 90 jours) dépendent de l’atteinte ; dans certains cas, ceftriaxone IV ou IM (neuroborréliose, arthrite chronique…).
Quelles mesures de prévention adopter ?
En région infestée, porter un chapeau, des vêtements longs et utiliser un répulsif cutané (le DEET reste la référence).
Inspecter tout le corps, notamment les zones à risque (aisselles, pli du genou, cuir chevelu…) le jour même et le lendemain (tique gorgée de sang plus visible).
En cas de piqûre, retirer la tique le plus vite possible avec une pince ou un tire-tique en exerçant une traction perpendiculaire à la peau tout en tournant doucement dans le sens contraire des aiguilles pour ne pas arracher la tête, désinfecter après retrait, surveiller pendant 8 semaines l’apparition d’un érythème, consulter rapidement le cas échéant.
Sources : Borréliose de Lyme. Les démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives, Recommandations de la Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse, Société de pathologie infectieuse de la langue française, 2006 ; La borréliose de Lyme, Avis et rapport du Haut Conseil de la santé publique, 28 mars 2014 ; Mieux connaître la borréliose de Lyme pour mieux la prévenir, Haut Conseil de la Santé Publique, 29 janvier 2010 ; Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT), ffmvt.org ; Association France Lyme francelyme.fr.
A DIRE AUX PATIENTS
• Le diagnostic étant difficile et l’évolution potentiellement grave, les mesures de prévention et la surveillance corporelle sont primordiales.
• Consulter rapidement en cas d’apparition de signes cutanés et/ou généraux (fièvre, céphalées, arthralgies…).
• Les autotests délivrés en officine ne sont que des tests d’orientation diagnostic, ils ne remplacent pas une visite médicale au moindre doute.
• L’antibioprophylaxie systématique après piqûre de tique sans signes cliniques n’est pas recommandée.
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