Mal des transports

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Publié le 29 juin 2013
Par Sylviane Le Craz
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Plus fréquent chez les enfants de 2 à 12 ans, le mal des transports est susceptible, selon l’intensité des mouvements et les situations, de concerner tout le monde.

Qu’est-ce que c’est ?

Le mal des transports, ou cinétose, correspond à un état de malaise accompagné de nausées pouvant conduire aux vomissements, et ce, d’autant plus que l’estomac est vide. Des sueurs, une pâleur, une baisse de vigilance et des vertiges peuvent également être présents. Ces symptômes variables selon les individus sont la conséquence d’un défaut d’adaptation aux discordances entre la perception des mouvements corporels réels (voiture, bateau, train et plus rarement avion) ou apparents (jeux vidéo, simulateurs) par le système vestibulaire, les récepteurs kinesthésiques des muscles et des viscères, et la vue ou la prédiction faite par le cervelet à partir de signaux sensoriels mémorisés.

Quels facteurs sont prédisposants ?

• Un enfant sur deux souffre du mal des transports à partir de 2 ans lors d’un voyage en voiture, avec un pic de sensibilité vers 12 ans.

• Les femmes semblent plus touchées que les hommes, (surtout durant la grossesse et les règles). Les patients migraineux sont très sensibles.

• La chaleur, la fatigue, le manque de sommeil, l’angoisse, les excès alimentaires et la perception d’odeurs nauséabondes favorisent la cinétose.

Quels sont les traitements ?

Les antihistaminiques H1 ayant une activité atropinique comme la diphénhydramine, le diménhydrinate, la méclozine (Agyrax, remboursé) sont indiqués en première intention dans la prévention et le traitement du mal des transports. Toutefois, ces antinaupathiques ne sont pas dénués d’effets indésirables (somnolence, sécheresse buccale, nausées, troubles de la vision, urinaires, ou cardiaques, confusions…) et sont contre-indiqués en cas de glaucome par fermeture de l’angle et de troubles urétroprostatiques. Ils sont à éviter en cas de conduite. Par ailleurs, la diphénhydramine, inhibiteur du CYP2D6, peut diminuer la métabolisation d’un certain nombre de médicaments (bêtabloquants, venlafaxine…).

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• L’administration est effectuée 30 min avant le départ (1 h pour la méclozine) et renouvelée toutes les 6 h en cas de voyage prolongé (la méclozine a une durée d’action d’environ 24 h).

• Antagoniste muscarinique, la scopolamine (Scopoderm TTS, liste I) diminue la motilité intestinale. Réservé à l’adulte et l’enfant à partir de 15 ans, ce patch transdermique se colle derrière l’oreille 6 à 12 heures avant le départ pour une efficacité jusqu’à 3 jours.

• Les effets indésirables de type atropinique peuvent conduire à des hallucinations visuelles ou des confusions, en particulier chez la personne âgée. Scopoderm TTS est contre-indiqué en cas de risque de rétention urinaire et de glaucome par fermeture de l’angle.

• De l’homéopathie (Cocculus, Tabacum…) en 9 CH ou des spécialités associant plusieurs souches (Cocculine, Nausétum…) peuvent être proposées, notamment en cas de contre-indication aux autres traitements. Commencer la veille du départ et renouveler la prise 1 h avant et au moment du départ.

Quels conseils donner ?

• Se placer à l’endroit le plus stable du moyen de transport : à l’avant en voiture et en train, au centre du bateau, entre les ailes de l’avion. S’asseoir dans le sens de la marche.

• Regarder l’horizon en évitant les objets mobiles ou s’allonger, les yeux fermés. Eviter de lire, de regarder un écran ou l’intérieur du véhicule.

• Se distraire en écoutant de la musique, en discutant…

• Aérer et ventiler le véhicule.

• Prendre un repas léger et proscrire l’alcool et le tabac avant le départ. Fractionner l’alimentation pendant tout le trajet, mais éviter d’être à jeun.

EN PRATIQUE

• La scopolamine semble présenter des d’effets indésirables plus importants que les anti-H1, sans efficacité supérieure. Le gingembre n’a pas montré d’efficacité dans le traitement du mal des transports. En cas de grossesse, la doxylamine peut être proposée.

• La respiration abdominale contrôlée permet de diminuer le mal des transports. Une pratique régulière d’une activité telle que la navigation abaisse l’occurrence des cinétoses.

Sources : G. Quarck, P. Denise, « Le mal des transports », La Lettre d’otorhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale n° 298, mai-juin 2005 ; « Le mal des transports », Idées-Forces Prescrire ; « Mal des transports », Prescrire, n° 347, septembre 2012 ; Dictionnaire de l’Académie nationale de médecine.