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Bientôt une surveillance de l’alcoolisation fœtale ?
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Dans un rapport de mars 2016(1), l’Académie de médecine alerte les autorités sanitaires sur l’insuffisance de réaction française face au problème de l’alcoolisation fœtale. Elle recommande notamment le recours aux marqueurs biologiques directs durant la grossesse et à la naissance.
Qu’est-ce que l’alcoolisation fœtale ?
C’est l’exposition prénatale à l’alcool, responsable d’une intoxication du fœtus. L’éthanol, ingéré par la mère, diffuse chez le fœtus à travers le placenta à une concentration identique à celle de la mère et avec un double effet toxique : un risque tératogène lors de l’embryogenèse et une neurotoxicité tout au long du développement. La toxicité ne dépend pas de la nature de la boisson. En revanche, les risques augmentent avec une consommation chronique, le « binge drinking » (beuverie expresse) et la quantité d’alcool ingérée. Un verre de vin ou de bière par jour pendant 270 jours de grossesse correspond à 2,7 litres d’alcool pur !(1)
Quels sont les types de risques ?
Il y en a trois. Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) associe à la naissance malformations crânio-faciales, retard de croissance et retard mental. Les SAF partiels se traduisent par un déficit intellectuel accompagné d’un ou plusieurs signes de SAF. L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) regroupe les troubles non extériorisés cognitifs et comportementaux avec, dès la naissance, troubles du sommeil, d’allaitement, etc. ; dans l’enfance, troubles cognitifs de la mémorisation, des apprentissages… ; à l’adolescence, hyperactivité, agressivité, etc. et/ou à l’âge adulte, retard intellectuel, instabilité ou addictions.
Est-ce fréquent en France ? …
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Repères
> 1968 : première description de l’intoxication alcoolique du fœtus par le Français
Paul Lemoine.
> 2004 : premier rapport d’alerte de l’Académie de médecine sur le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), cause la plus fréquente de déficit mental non génétique.
> 2016 : second rapport(1) de l’Académie de médecine.
> 23 % des femmes déclarent consommer des boissons alcoolisées durant leur grossesse, 2 % d’entre elles rapportent une consommation de trois verres ou plus en une même occasion (3).
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(1) L’alcoolisation fœtale, Gilles Crépin et Gérard Bréart, au nom de la commission « Reproduction et développement », 22 mars 2016.
(3) Saurel-Cubizolles M.-J. et al, Consommation d’alcool pendant la grossesse et santé périnatale en France en 2010, Bulletin épidémiologique hebdomadaire,
16-17-18/2013.
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