Présidentielle : l’industrie pharmaceutique livre son banc d’essai sur la santé

© Patrick Errard, président du Leem, a analysé les programmes des candidats à l’élection présidentielle - DR

Présidentielle : l’industrie pharmaceutique livre son banc d’essai sur la santé

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Publié le 31 janvier 2017
Par Matthieu Vandendriessche
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Patrick Errard, président du Leem (Les Entreprises du médicament), a commenté mardi 31 janvier lors d’une conférence de presse les propositions des différents candidats à la présidentielle concernant la santé.

« Tous les candidats cherchent des mesures, piquées à droite ou à gauche. Pour la plupart, ils restent sur la question du déficit, se focalisant sur des mesures comptables », a regretté Patrick Errard.

Le président du Leem a jugé positives les propositions de François Fillon (Les Républicains) de faciliter un meilleur accès aux autorisations temporaires d’utilisation (ATU), le développement de filières d’excellence en recherche et développement à l’international et le renforcement du crédit d’impôt compétitivité emploi.

« Surtout, ce candidat propose un alignement des dépenses de médicaments sur l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie, l’ONDAM », s’est félicité Patrick Errard.  

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Concernant Benoît Hamon (Parti socialiste), le président du Leem salue sa volonté d’améliorer la transparence dans la fixation des prix des médicaments et de créer une commission d’éthique sur la transformation technologique et scientifique. Les mesures du candidat en faveur de la  prévention suscitent l’assentiment de Patrick Errard. Il s’est montré en revanche opposé aux baisses de prix des médicaments et aux licences d’office, prônées par Benoît Hamon, ces dernières feraient selon lui reculer la France au dernier plan de l’innovation mondiale et de l’attractivité.

Patrick Errard n’a « pas tellement » de divergences à ce jour avec Emmanuel Macron (En marche !). Des mesures font consensus : stratégie pluriannuelle pour l’innovation technologique et organisationnelle, refondation de l’ONDAM, valorisation de la prévention. « Il a dit que les laboratoires ne sont pas une variable d’ajustement des dépenses de santé », indique Patrick Errard. Cependant, souligne-t-il, les contours du programme de M.Macron sont encore flous.

« Il est favorable à la vente de médicaments à l’unité, mais cela ne servirait à rien. A part compliquer la vie des patients et des pharmaciens. C’est une fausse bonne idée. »

Cette proposition est également au programme de Marine Le Pen (Front national), que Patrick Errard rejette sur le fond et la forme : la candidate a indiqué qu’elle voulait «  engager un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques », a-t-il cité.

Plus ouvert à son endroit, le président du Leem conteste cependant à Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) la proposition de mettre en place un laboratoire national public sur la baisse des prix des médicaments et sur une nouvelle taxation des industriels. « Cela est confus et mériterait d’être retravaillé », a indiqué Patrick Errard.