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© Getty Images - Closeup pharmacist hand holding medicine box in pharmacy drugstore.
Les baisses de TFR et de prix annulées dix jours après leur entrée en vigueur
Le Journal officiel du 14 octobre acte l’annulation des baisses de tarifs forfaitaires de responsabilité (TFR) et de prix, pourtant appliquées depuis le 1er octobre. Ce revirement brutal du Comité économique des produits de santé (CEPS) laisse perplexes laboratoires et pharmaciens, dans un contexte déjà tendu sur la régulation du médicament.
Le CEPS a rédigé le 9 octobre 2025 une décision – publiée mardi 14 octobre au Journal officiel – qui supprime les baisses de tarif forfaitaire de responsabilité (TFR) concernant 33 groupes génériques et annule les baisses de prix appliquées au 1er octobre sur plusieurs spécialités, princeps et génériques compris dont :
– alendronate monosodique ;
– amlodipine ;
– bisoprolol + hydrochlorothiazide ;
– bisprolol ;
– cétirizine ;
– déférasirox ;
– entécavir ;
– ésoméprazole ;
– évérolimus ;
– fluoxétine ;
– metformine ;
– rabéprazole ;
– rasagiline ;
– rilménidine ;
– ténofovir disoproxil ;
– zolmitriptan.
Les diminutions de TFR, entrées en vigueur le 1er octobre, oscillaient entre – 4 % et – 23 % selon les groupes. Elles s’accompagnaient d’alignements automatiques des prix des génériques. Seule exception : l’aciclovir (Zovirax et ses génériques) conserve sa baisse tarifaire, isolant ainsi cette molécule dans un paysage de mesures annulées.
Un calendrier précipité de négociations
Derrière ce rétropédalage, aucune explication n’a été fournie par le CEPS. Pourtant, dès septembre, plusieurs acteurs avaient alerté sur la rapidité du calendrier : le gouvernement visait de nouvelles économies sur le médicament avant la fin 2025, au prix de négociations conduites « dans des délais très resserrés » Résultat : au 1er octobre, toutes les conventions de baisses de prix n’étaient pas encore signées entre le CEPS et les laboratoires. Une fragilité juridique qui pourrait expliquer en partie l’annulation.
Une demande des génériqueurs
Les industriels du générique avaient, dès fin septembre, demandé la suspension des baisses, au motif que leurs prix suivent mécaniquement l’évolution des TFR. Leur requête intervenait dans un climat déjà marqué par les tensions sur les plafonds de remises commerciales aux officines, que le gouvernement avait décidé de relever quelques jours plus tard.
Cette succession de mesures contradictoires entretient l’incertitude économique pour la chaîne officinale. Pour les pharmaciens, l’annulation des baisses évite une érosion immédiate de la marge, mais illustre la difficulté croissante à anticiper une politique du médicament mouvante.
Une politique brouillonne des prix du médicament
Entre annonces, reculs et arbitrages de dernière minute, les signaux envoyés par le CEPS et les pouvoirs publics apparaissent brouillés. L’épisode de ce mois d’octobre confirme la fragilité de la régulation des prix du médicament en France.
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