La profession donne une semaine au Premier ministre pour abroger l’arrêté sur les remises génériques

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La profession donne une semaine au Premier ministre pour abroger l’arrêté sur les remises génériques

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Publié le 19 septembre 2025
Par Sana Guessous

Forte du succès de la mobilisation du 18 septembre, la profession veut à présent que ses revendications soient prises en compte par le gouvernement Lecornu, toujours pas formé. Les officinaux se donnent une semaine avant de décider des suites à donner à leur mouvement de protestation, si aucun accord n’est trouvé avec la future équipe ministérielle.

Comment Sébastien Lecornu réagira-t-il à la grève massive des pharmaciens ? Le futur ministre de la Santé entendra-t-il leur colère et répondra-t-il à leurs deux attentes fortes : abroger l’arrêté litigieux et construire un nouveau modèle économique officinal ? Pour l’instant, le Premier ministre qui s’affaire à construire son gouvernement n’a toujours pas réagi aux protestations des pharmaciens. « Nous lui donnons une semaine pour prendre contact avec nous et apporter des réponses à nos revendications. Si d’ici là nous n’avons de nouvelles ni de lui ni de son futur ministre de la Santé, nous déclencherons un deuxième mouvement. Il est hors de question de s’arrêter en si bon chemin », prévient Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Une nouvelle journée de fermeture n’est pas exclue

Les syndicats temporisent donc mais sont résolus à maintenir la pression jusqu’au bout : les grèves de gardes se poursuivent ainsi que l’interpellation et la sensibilisation des élus aux problématiques des pharmaciens. Si le gouvernement reste sourd aux protestations des officinaux, il faudra de nouveau corser le mouvement. Les syndicats n’écartent pas une nouvelle démonstration de force : « Nous déciderons en intersyndicale de la forme que pourrait prendre la prochaine mobilisation », poursuit Philippe Besset.

L’accès aux soins sera la « grande cause » du Premier ministre

Sébastien Lecornu, qui détaillera sa politique générale début octobre, n’a pas encore évoqué ses orientations pour le secteur de la santé. Il a cependant annoncé faire de la problématique de l’accès aux soins sa grande priorité, lors d’un déplacement à Mâcon (Saône-et-Loire) le 13 septembre. Une déclaration dans laquelle le rôle du pharmacien comme acteur de santé de proximité n’a à aucun moment été évoqué.

Mais sans les pharmaciens ?

« Il a promis d’ouvrir 5 000 maisons France Santé pour développer une offre de soins de proximité. C’est intéressant mais où ira-t-il chercher les soignants pour faire tourner ces structures ? On ne les fera pas surgir à coups de baguette magique. Il faut 12 ans pour produire 6 000 médecins. C’est en préservant et en développant le maillage officinal qu’on construit un accès aux soins de proximité digne de ce nom », martèle Patrick Raimond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) dans les Bouches-du-Rhône.

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