Remises génériques : la bataille se déplace à l’Assemblée

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Remises génériques : la bataille se déplace à l’Assemblée

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Publié le 17 août 2025
Par Christelle Pangrazzi
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Après l’échec du dialogue avec le ministère de la Santé et la mobilisation du 16 août, la riposte des pharmaciens passera désormais par les députés, avec pour objectif de renverser la réforme dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Après plusieurs semaines d’échanges stériles avec la Direction de la Sécurité sociale (DSS), les syndicats ont acté un constat d’échec. « Je ne discute plus avec le ministère. Je discute avec les députés. La prochaine étape, c’est le PLFSS : faire tomber cet arrêté », tranche Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Un amendement pour sécuriser les remises

L’objectif est clair : sortir la fixation des plafonds de remise du champ réglementaire (un simple arrêté) et l’inscrire dans la loi. Cette modification donnerait aux pharmaciens une arme de protection durable, puisque tout changement ultérieur devrait passer par le Parlement.

Un lobbying tous azimuts

Dès la rentrée, la FSPF et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) prévoient de solliciter chaque groupe politique à l’Assemblée nationale et au Sénat. L’argumentaire est prêt : pertes de marge évaluées entre 15 000 et 30 000 € par officine, menaces sur l’emploi, risque de fermetures, fragilisation du maillage officinal.

Les syndicats comptent aussi mobiliser les députés pharmaciens et les élus locaux sensibles au rôle de l’officine dans l’accès aux soins.

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Un rapport de force à construire

« Le gouvernement a fermé la porte. Il ne nous reste que la voie parlementaire », résume un responsable syndical. Les pharmaciens savent qu’ils devront convaincre au-delà de leurs soutiens traditionnels, dans un contexte où Bercy pousse à la baisse des dépenses de médicaments.

Vers un automne parlementaire sous pression

Le calendrier est serré : le PLFSS sera présenté fin septembre, avant un examen début octobre. Les syndicats n’excluent pas de nouvelles mobilisations pour peser sur les débats.

« Nous avons fait la démonstration, le 16 août, que la profession pouvait se mobiliser massivement. Si le gouvernement ne bouge pas, la rentrée sera sous haute tension », prévient l’USPO.

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