Bruno Le Maire veut rassurer sur la libéralisation de l’officine

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Publié le 24 février 2018
Par Laurent Lefort
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Je ne suis pas favorable à la libéralisation à outrance du monde de la pharmacie.» Soulagement perceptible à l’écoute du discours de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances lors du gala annuel de l’Association des pharmaciens juifs de France (APJF), le 14 février. « L’élu local que je suis dans l’Eure peut témoigner que dans beaucoup de communes rurales de petite taille, la pharmacie est bien davantage qu’un commerce. C’est l’endroit où l’on vient pour une première consultation. La pharmacie n’est pas un commerce, c’est un lieu de vie. Et c’est à ce lieu de vie que je suis attaché », a martelé Bruno Le Maire. Il présentera le 18 avril une loi pour la croissance et la transformation des entreprises. Dans le cadre des consultations préalables à l’élaboration de ce texte, certains interlocuteurs n’ont pas manqué d’insister sur une mesure « urgentissime » à prendre : la « libéralisation immédiate et totale de la pharmacie française », raconte le ministre. « Il n’y aura dans le texte aucune disposition sur la pharmacie », a-t-il confirmé aux 350 convives. L’accès au capital des jeunes pharmaciens qui s’installent est par ailleurs un défi majeur pour le ministre qui se dit prêt à étudier le dossier avec la profession. D’autant que Bruno Le Maire n’est pas non plus « favorable à laisser toutes nos petites officines se faire racheter par des chaînes ou des géants du numérique qui ne cherchent que le profit et non la proximité ». Il milite ainsi pour « une troisième voie » entre l’immobilisme absolu et la revente à des chaînes : « Celle du dialogue pour la modernisation des officines françaises. » A quand la poursuite de cette discussion de Saint-Valentin ? 

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