Fallait oser

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Publié le 27 septembre 2018
Par Laurent Lefort
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La mesure, inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, ne pouvait pas laisser les professionnels de santé indifférents. Elle ne passera pas non plus inaperçue au comptoir. Exit donc l’obligation jugée infantilisante par les médecins de la mention manuscrite « Non substituable ». Refuser que des génériques soient délivrés devra désormais être justifié par des critères médicaux ob-jec-tifs. Voilà qui promet des échanges quelque peu animés avec les patients insistants dans les salles de consultation. Et quand bien même leur déception les rendrait deux fois plus insistants au comptoir, ces irréductibles patients gaulois devront en 2020 assumer les conséquences financières de leur refus en acceptant d’être moins bien remboursés.

C’est leur problème, penseront certains pharmaciens, décompensant par là même la frustration générée par les longs moments passés à tenter de convaincre les derniers récalcitrants. Est-ce pour autant seulement le problème des patients ? Il reviendra a minima aux pharmaciens de maîtriser parfaitement le Répertoire des génériques. Quasi en temps réel. Pas question de délivrer un princeps en pensant qu’il n’est pas généricable, alors qu’en fait, si ! Jamais très simple de réclamer de l’argent a posteriori. Bon, sur ce point, nous serons toujours là pour vous aider et vous informer.

Le risque incontestablement majeur serait que la mesure se transforme en élargissement du TFR à tous les génériques par un alignement du prix des princeps. Dans ce scénario du pire, pas besoin d’aller chercher très loin à qui cette mesure portera le plus préjudice. Financièrement bien sûr.

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