« Je n’aurais pas supporté de rester à ne rien faire »

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Publié le 25 avril 2020
Par Matthieu Vandendriessche
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La faculté de pharmacie d’Angers a produit pendant près d’un mois des solutions hydroalcooliques en grande quantité. L’un de ses anciens étudiants, Arthur Piraux, en a glissé un mot au président de la République.

Heureusement que je suis professionnel de santé et que je peux me rendre utile. Je n’aurais pas supporté de rester à ne rien faire. » En ce premier week-end d’avril, Arthur Piraux s’active à l’organisation de la livraison de solutions hydroalcooliques dans les officines du Maine-et-Loire. « Une plateforme d’appels vient d’être montée avec quelques étudiants pour orchestrer la distribution de ces solutions en même temps que les masques », explique ce jeune pharmacien adjoint exerçant près d’Angers. La fabrication est assurée par les liquoristes locaux Cointreau et Giffard. Chaque pharmacie recevra 12 litres par semaine, à répartir entre les professionnels de santé. La distribution pourrait s’étendre jusqu’en Mayenne et dans la Sarthe.

Cette opération est l’acte II d’une initiative datant de début mars. Devant les difficultés d’approvisionnement des hospitaliers et libéraux, la faculté de pharmacie d’Angers mobilise ses réserves d’alcool et lance une fabrication qui, rapidement, doit faire appel à d’autres fournisseurs. Deux lignes de production sont créées. « Six salles de travaux pratiques sont utilisées pour la production, le stockage et la libération des lots. Nous sommes ainsi passés de 30 litres à 470 litres par jour au cours de la dernière semaine. »

Impliqué dès la faculté

Adepte du réseau social Twitter, Arthur Piraux poste quelques photos des premiers flacons sortis de la production. La presse locale puis nationale s’empare de l’initiative. Qui arrive jusqu’aux oreilles de l’Elysée. Le jeune pharmacien est repéré. On lui demande d’en faire une présentation filmée. Elle fera l’objet d’un tweet (message) lancé par le président de la République pour illustrer et saluer l’effort de solidarité nationale. Quand il apprend qu’Emmanuel Macron se rend le 31 mars dans une usine de fabrication de masques près d’Angers, le pharmacien ne rate pas le coche et vient lui apporter quelques flacons. Souriant, à l’aise face au président, il prend le temps de citer et de remercier tous les acteurs de cette opération.

Représenter les autres, ce n’est pas nouveau pour Arthur Piraux. Il y a quelques années, avec ses acolytes de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF), il planche sur la réforme des études de santé et le projet de vaccination à l’officine. Depuis janvier, le pharmacien travaille comme doctorant à l’élaboration d’un protocole de prise en charge d’une cystite sans complications. Quand, faute de médecins, il faudra agir hors d’une structure interprofessionnelle, précise-t-il. Et pour faire avancer l’officine dans le bon sens. « Elle a plus changé en cinq ans que ces 50 dernières années. » Aux yeux d’Arthur Piraux, on peut aller encore plus loin : « Expliquer au patient comment prendre du paracétamol et s’assurer qu’il n’a pas chez lui des médicaments redondants est moins rémunéré que de lui vendre des boîtes sans la moindre question. Cela n’est pas normal ! »

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BIO

Arthur Piraux

2016 Membre du bureau de l’ANEPF

2017 Diplômé de la faculté d’Angers (Maine-et-Loire) et adjoint en officine

2020 Inscription en école doctorale de biologie santé à l’université d’Angers