S’en lasser

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Publié le 29 octobre 2022
Par Laurent Lefort
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Le partage d’activités entre professionnels de santé pour pallier le manque de médecins ? C’est non, répondent deux syndicats de médecins, MG France et la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Ce partage d’actes et d’activités afin d’améliorer l’accès aux soins de la population, c’est pourtant l’une des propositions clés du Comité de liaison des institutions ordinales (Clio) pour le volet santé du Conseil national de la refondation (CNR). Notamment pour les patients sans médecin traitant.

La proposition est qualifiée d’innovante par la présidente de l’Ordre des pharmaciens. Les médecins ne sont pas du même avis. « Le gouvernement prétend apprendre à la population la manière de se passer d’un médecin traitant », « Les transferts de compétence sont un mensonge. La compétence ne se transfère pas, elle s’acquiert ! », comptent parmi les amabilités qui fusent dans le camp des syndicats médicaux. Là n’est pas ou plus réellement la question. Bien sûr, les médecins et leur expertise sont incontournables (on aimerait même dire irremplaçables) pour une prise en charge qualitative de la santé des patients. Mais, parfois, qualité et quantité vont de pair. La solution idéale serait sans doute de se retenir d’être malade quand l’accès à un médecin traitant n’est plus possible ; la vraie vie fait, hélas, peu de cas de l’idéologie. Mettre en place un exercice coordonné autour du médecin traitant ? Oui, mais comment dans les déserts médicaux ?

Dès lors, peut-on s’opposer en permanence à toutes les propositions que l’on juge contraignantes ? L’âge du « non ! » prête à sourire jusqu’à 2 ans. Quand cette période se prolonge au-delà du raisonnable, on finit tôt ou tard par s’en lasser.

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