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Une rue pavée de souffrances
L’observatoire du SAMU social étudie l’état physique et moral des sans-abri. Principaux résultats : une surconsommation de drogues et une augmentation des troubles psychiatriques.
Les SDF sont particulièrement consommateurs d’alcool et polyconsommateurs tout court, précise une étude réalisée par l’observatoire du SAMU social*. En 1998, sur 275 personnes interrogées, 82 % déclaraient fumer, 75,5 % boire de l’alcool (vin à 38 %, bière à 32,5 % et vin-bière à 18,5 %), d’où un risque d’alcoolopathies important. Un tiers consommait des drogues ou des médicaments détournés de leur usage : 52 personnes prenaient des drogues (33 % de la cocaïne, 28 % de la résine de cannabis) et 19 des médicaments (Subutex ou méthadone).
Seuls 33 % des SDF reçoivent un traitement
« Nous disposons d’une armoire à pharmacie et d’une armoire à stupéfiants, mais nous donnons de moins en moins de médicaments pour éviter que leur usage soit détourné, explique le Dr Jean-Jacques Perrin (photo), qui assure une permanence pour les consultations médicales au CHUSI de l’hospice Saint-Michel. En outre, les gens ont tendance à perdre leurs produits et reviennent le lendemain. Ils vivent dans l’immédiat : manger dans les dix minutes, obtenir tout de suite sa boîte de médicament. Nous essayons de lutter contre cette tendance, d’avoir une démarche d’éducation à la santé. »
Les principaux problèmes traités sont surtout d’ordre dermatologique (24 %) et orthotraumatologiques (13 %). En cas de gravité, les patients sont orientés vers l’hôpital directement par les équipes de nuit ou par le médecin de permanence. Le SAMU social a cependant mis en place une mission spécifique avec le soutien du laboratoire Aventis pour enrayer la résurgence de la tuberculose.
Depuis décembre 2000, une équipe spécialisée de six personnes (dont des médecins) dispose de dix lits d’hébergement et d’un véhicule chargé de retrouver les malades et d’effectuer le portage des antibiotiques à ceux qui refusent un hébergement. Le but est d’assurer un suivi rigoureux du traitement car la plupart des SDF ne se soignent pas : seulement 33 % bénéficient d’un traitement suite à leurs problèmes de santé.
Pour Jean-Jacques Perrin, « les problèmes les plus importants sont psychiatriques, sous-jacents ». L’observatoire a d’ailleurs lancé une étude épidémiologique sur la prévalence de la schizophrénie entre novembre 1999 et janvier 2001. Conclusion : la prévalence importante (de 4,4 % contre 1 % pour l’ensemble de la population française) est cependant moins forte que celle constatée aux Etats-Unis. On observe d’autres troubles psychiatriques : dépendance à l’alcool, risque suicidaire, épisode dépressif majeur, anxiété généralisée, dysthymie.
* Certaines de ces études sont basées sur les fiches remplies par les équipes de nuit et les équipes psychosociales.
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