Une AMM pour la vitamine C

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Publié le 8 décembre 2001
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Lorsque j’ai lu que la vitamine C était désormais dévolue au fils Leclerc et à ses petits camarades des grandes surfaces, mon sang ne fit qu’un tour.

Aidé d’un de mes fils, interne en biologie, nous nous rappelâmes qu’un malade déficitaire en G6PD était condamné s’il absorbait un oxydant, or ma misérable condition de pharmacien me fit bien entendu faire le rapprochement avec la vitamine C.

Alors j’ai envoyé quelques courriers, en toxico, en hémato, au centre antipoison, en biochimie, en pharmaco, etc., le tout à Lyon. Je reçois ce jour une réponse éloquente de Suzanne Guibaud de la fac de Lyon, professeur d’hématologie et biologiste à l’hôpital de la Croix-Rousse.

Cette réponse est passionnante car on peut y lire en conclusion : « donc un risque potentiel, mais réel de prise de la vitamine C chez un sujet déficitaire et donc une substance chez lui à éviter ». […] Alors, si après cela la vitamine C n’est toujours pas assortie d’une AMM, et sa vente exclusive en pharmacie je n’y comprendrai plus rien. En conclusion, diffuseriez-vous une lettre ouverte à Mme Guigou et à M. Kouchner qui ne pourraient ainsi, lorsque l’accident surviendra, ne pas se dire responsable mais pas coupable ou toute forme de « les scientifiques n’avaient pas prévenu », etc. Pour le fun, la vitamine C est également contre-indiquée chez les ulcéreux gastriques et duodénaux, mais qu’importe si le fils d’Edouard Leclerc peut se faire du fric avec ça, et avec bien d’autres choses maintenant que la porte est ouverte.

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