Tout travail Vital(e) mérite salaire

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Publié le 21 juin 2008
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Pilotée par la MSA de Beaucouzé, dans le Maine-et-Loire, l’expérimentation de renouvellement de la carte Vitale (passage aux Vitale 2) a été lancée fin mai… et a bien failli en rester là. Récalcitrants, les pharmaciens du canton de Beaupré n’ont en effet consenti finalement à jouer le jeu qu’à la condition de négocier une rémunération pour le service rendu. « Par expérience, nous savons qu’il va y avoir des difficultés pratiques et techniques », explique Christian Blanc, président de la chambre syndicale du Maine-et-Loire (FSPF), qui constate à nouveau que les pharmaciens sont mis à contribution gracieusement.

A réception de sa nouvelle carte, inactive, le patient doit se rendre dans une officine ou au siège de la MSA avec ses deux cartes. Là, il introduira la première dans une borne prévue à cet effet, située devant ou sur le comptoir, pour la désactiver. Et aussitôt glisser la seconde pour l’activer. Simple a priori. Mais c’est sans compter l’appréhension pour les nouvelles technologies et les incompréhensions, surtout avec une population rurale et souvent âgée. D’où la nécessité pour les pharmaciens de se charger dans bien des cas de la « manip ». « Ça se passera bien dans 70 % des cas, mais pour les 30 autres… Déjà, nous avons eu des cas de personnes ayant désactivé leur carte à Cholet et à Angers, où l’expérimentation n’a pas lieu », reconnaît-on à la MSA. Alors, « nous maintenons ce principe et allons négocier au plan national ce défraiement », informe Christian Blanc.

Et le président du syndicat local d’imaginer tous les hic possibles, au-delà même du temps passé par le pharmacien en explications. « En cas de coupure de courant, par exemple entre les deux opérations, il sera impossible de réactiver la première carte pour renouveler l’opération », redoute Christian Blanc.

40 millions de cartes à renouveler !

Menée jusqu’au début du mois de juillet, l’expérimentation devrait donc fournir un précieux éclairage sur les possibilités et les contraintes de mise en oeuvre au niveau national. Et permettre d’ajuster la question du dédommagement. Car dès le lancement de la procédure – dont la date n’est pas fixée -, il s’agira de renouveler près de 40 millions de cartes. Une tâche qui devrait prendre près de quatre ans !

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