Surconsommation : En finir avec l’équation « consultation = prescription »

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Publié le 6 janvier 2006
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Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAM) entame en ce début d’année un lourd travail sur la surconsommation de médicaments. Il veut comprendre pourquoi les Français sont si « accros » à leurs petites gélules et surtout quelles sont les raisons qui poussent les médecins à les leurs prescrire en si grand nombre.

Le HCAM veut rompre l’équation « consultation = prescription » qui reste l’élément central de la surprescription dans notre pays. Dans son travail préparatoire, il émet l’hypothèse que ce phénomène relève plus d’une « pratique d’ensemble des médecins français que d’un comportement aberrant d’une minorité de médecins gros prescripteurs ». Or, les politiques à mener seront bien plus ambitieuses pour réformer un « modèle » français de prescription que pour ramener à la norme une partie seulement des praticiens. Le HCAM suggère d’abord d’analyser le suivi des recommandations de bonnes pratiques par les médecins avec possibilité de sanction en cas de non-respect.

Il conviendrait également de vérifier l’idée selon laquelle « la formation des médecins n’est pas assez axée sur l’examen clinique, valorisant à l’excès le médicament ». Si tel était le cas, l’enseignement devrait être plus pertinent en termes de « pharmacologie et de bon usage des médicaments ».

Le HCAM axera aussi son travail sur « les excès de la pression exercée par les visiteurs médicaux et l’absence de contre-pouvoir face à la visite médicale » et devrait se pencher sur les modalités de rémunération des médecins pour, peut-être, sortir, au moins en partie, de la rémunération à l’acte. Osé.

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