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Primaire populaire : et côté santé, quel est le programme ?
Du 27 au 30 janvier, les inscrits à la Primaire Populaire ont voté ou plutôt attribué des « mentions » aux candidats afin « d’identifier le ou la candidate à la présidentielle dont la Primaire Populaire soutiendra la campagne ». Cette primaire est portée par l’association « 2022 ou jamais », créée en mars 2021 à l’initiative de citoyens. Elle vise à faire émerger un candidat à la présidentielle capable de rassembler la gauche parmi 7 candidats : Anna Agueb-Porterie, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Pierre Larrouturou, Charlotte Marchandise, Jean-Luc Mélenchon et Christiane Taubira. Pourtant, certains, comme Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon n’ont pas choisi de se présenter à cette Primaire. Pour autant, « le vainqueur ou la vainqueure devra s’engager à promouvoir l’esprit du Socle Commun et à œuvrer au rassemblement », est-il expliqué sur le site de la Primaire Populaire.
Mais quel est le socle commun en matière de santé ? En fait, il se résume à deux grandes propositions. La première consiste à « augmenter les salaires des professionnels et professionnelles de la santé et de l’éducation : après avoir applaudi à nos fenêtres, le temps de la valorisation réelle ». La seconde porte sur la lutte contre les déserts médicaux (personne ne doit être à plus de 15 min d’un médecin), et l’investissement dans le système hospitalier et les métiers du soin, essentiellement assumés par des femmes. Des mesures néanmoins un peu vagues.
Les candidats sont-ils plus précis et concrets ? A l’exception d’Anna Agueb-Porterie, 24 ans et originaire du Sud-Ouest, qui n’aborde pas ce point, les autres personnalités proposent plusieurs mesures en termes de santé et sécurité sociale. Quant à Charlotte Marchandise, elle axe son programme de santé sur la prévention tout au long de la vie et la transversalité des politiques à mettre en œuvre en liant par exemple l’urbanisme et l’environnement à la santé, mais ne présente aucune mesure concrète
Refonder l’hôpital
Les autres candidats sont d’accord : il faut refonder l’hôpital, sortir de la logique comptable et arrêter les fermetures de lits. Ce qui suppose de modifier le financement des établissements de santé.
Anne Hidalgo propose ainsi de remplacer l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) par des Objectifs nationaux de santé publique (ONSP) et de mettre fin à la tarification à l’acte à l’hôpital.
Yannick Jadot souhaite la fin de la tarification à l’activité (T2A).
Pierre Larrouturou veut « repenser et encadrer le financement des établissements de santé en prenant en compte l’activité, le rôle social, l’anticipation des crises, la prévention et l’éducation à la santé, la formation, la qualité des soins et la production de données de soins ».
Surtout, il s’agit de former et recruter plus de personnels, et valoriser leur rémunération. Mais seule Christiane Taubira indique le chiffre de 100 000 postes créés sur 5 ans.
Enfin, tous les candidats veulent plus impliquer les professionnels hospitaliers, les élus et les usagers dans la gouvernance de l’hôpital.
Améliorer l’accès aux soins
La lutte contre les déserts médicaux fait aussi l’unanimité. Et les candidats n’hésitent pas à vouloir modifier les règles d’installation et d’exercice comme le dit très clairement Christiane Taubira.
Pour sa part, Anne Hidalgo vise la formation chaque année de 15 000 nouveaux médecins 1 250 sage-femmes, 25 000 infirmiers et aides-soignants, 5 000 logisticiens, techniciens et agents hospitaliers. Elle propose également la création d’une année de professionnalisation comme médecin-assistant dans les déserts médicaux à la fin du parcours des internes en médecine. Ce qui « permettra de faire venir, dès le second semestre 2022 puis chaque année ensuite, 4 à 8 000 médecins dans ces territoires ».
Pierre Larrouturou veut également former plus de professionnels de santé et aider à l’installation mais aussi développer les maisons de santé, avec un « contrat de qualité » en lien avec les collectivités locales et l’agence régionale de santé. Il propose aussi de « repenser le maillage territorial des hôpitaux, des maternités, des dispensaires ou des maisons de santé publics, en redéfinissant le rôle des activités libérales et en arrêtant les fermetures d’hôpitaux ».
Jean-Luc Mélenchon, propose le recrutement de médecins publics, l’augmentation des moyens des facultés de médecine pour rendre effective la suppression du numerus clausus, la création de réseaux de centres de santé pluridisciplinaires publics en lien avec les hôpitaux publics. Il souhaite aussi la création d’un pôle public du médicament afin de supprimer l’influence du secteur privé sur les prix et l’accès au médicament et de produire massivement les vaccins et traitements passés dans le domaine public.
De son côté, Yannick Jadot acte la fin de la liberté d’installation des médecins et veut « planifier la juste répartition des cabinets libéraux et des centres de santé avec l’aide des régions ». Il opte aussi pour le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles et la réorganisation de la médecine de ville afin de renforcer le maillage territorial.
Renforcer la prévention
Les candidats font le même constat : la prévention et la santé publique n’ont pas la part belle en France. Tous misent sur le développement de la prévention des maladies chroniques en incluant la santé environnementale, la pollution, l’alimentation, mais aussi la santé scolaire et universitaire, et la santé au travail.
En matière de prévention, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot sont pour la légalisation du cannabis. Anne Hidalgo propose quant à elle une « conférence de consensus sur la question de la légalisation du cannabis ».
Finalement, le 30 janvier, c’est Christiane Taubira qui est arrivée en tête avec la mention « Bien + », devançant Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.
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