PLFSS 2024 : le gouvernement veut aussi la substitution sur les biosimilaires

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PLFSS 2024 : le gouvernement veut aussi la substitution sur les biosimilaires

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Publié le 16 novembre 2023
Par Magali Clausener
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Le gouvernement compte déposer un amendement en faveur de la substitution des biosimilaires par les pharmaciens au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2024. Malgré l’opposition des associations de patients. Mais, pour Frédéric Bizard, économiste de la santé, les biosimilaires sont essentiels pour réaliser des économies et favoriser les innovations.

Alors que le sénateur Alain Milon a déposé un amendement au PLFSS pour une substitution « pleine et entière » de tous les biosimilaires, Aurélien Rousseau, ministre de la Santé et de la Prévention, a annoncé, le 13 novembre au Sénat, que le gouvernement lui aussi présentera un amendement sur la substitution des médicaments biosimilaires par le pharmacien. Une décision quelque peu surprenante alors que le gouvernement a retiré un article sur ce sujet de la version définitive du PLFSS adopté en conseil des ministres le 27 septembre 2023. Et qu’un collectif regroupant 12 associations de patients s’oppose fermement à la substitution des biosimilaires par les pharmaciens.

« Le développement des biosimilaires est indispensable pour la soutenabilité de notre système de sécurité sociale »

Pour Frédéric Bizard, économiste de la santé, qui intervenait ce 15 novembre à une table ronde organisée par Samsung Bioepis, « les marchés les plus développés en génériques et en biosimilaires sont aussi les marchés où les innovations sont les plus développées ». Et d’ajouter : « Le développement des biosimilaires est indispensable pour la soutenabilité de notre système de sécurité sociale ». L’économiste estime que d’ici 2028, le marché mondial des biosimilaires devrait croître de 16 à 20 % par an pour atteindre 67 Mds de dollars (61,7 Mds d’euros). L’Europe représente 41 % du marché total en valeur, soit environ 10 Mds d’euros en 2022. Et en France ? Frédéric Bizard a communiqué des données d’Iqvia pour 2020 : les biosimilaires représentaient à cette période 501 M€ à l’hôpital et 451 M€ en ville, soit 952 M€ au total. Mais « la croissance du marché par rapport à 2018 ne cesse de ralentir et est nulle en 2022 », a-t-il commenté.

Un certain scepticisme persiste sur la fiabilité des biosimilaires

Plusieurs facteurs freinent la progression du marché français. Outre « la substitution ultra-limitée » des biosimilaires, Frédéric Bizard a jugé qu’ « il y a un certain scepticisme au sein des pouvoirs publics et des associations de patients sur la fiabilité des biosimilaires ». Il a souligné qu’il y avait ainsi « un manque de promotion » des biosimilaires auprès des médecins, des pharmaciens et des patients. Pour l’économiste, les associations de patients « se trompent ». Il n’a d’ailleurs pas hésité à inciter les journalistes à vérifier qui finançait ces associations…

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