Pharmacie humanitaire : Unifier les règles de don en Europe

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Publié le 5 novembre 2005
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Un pays en situation de catastrophe sanitaire ne devrait pas subir un second fléau par l’afflux désorganisé de médicaments inappropriés. C’était la réflexion à la base du colloque organisé le 24 octobre par l’association Tulipe*, qui réunissait à Paris des ONG et responsables de l’aide humanitaire européens sous l’égide de la délégation à l’Action humanitaire du ministère des Affaires étrangères.

Outre le coût du tri de ces produits, le pays destinataire devra gérer celui de leur destruction s’ils sont inutilisables, périmés, inconnus des professionnels locaux, abandonnés faute de dédouanement… Coût de destruction : 4 Euro(s) le kg. Le constat est accablant : 17 000 tonnes détruites en Bosnie pour 34 millions de dollars, enfouissement au Kosovo de centaines de tonnes, 65 % de périmés envoyés en Albanie, 30 % en Indonésie. Ces dons peuvent déstabiliser l’économie locale et, par leur quantité démesurée, engorger les capacités de stockage, ont constaté les humanitaires. C’est ainsi que la province d’Aceh, Indonésie, se retrouve avec 8 ans de stock de sérum de réhydratation, 4 ans de tétracycline !

Tulipe, dont la fiabilité est reconnue par les ONG, propose donc d’initier la création d’un réseau européen d’intervention reposant sur un site Internet et sur la formation de logisticiens susceptibles de coordonner sur place les moyens mis en oeuvre. Le site regrouperait les règlements internationaux sur les dons, les guides de l’OMS, les contacts identifiés dans les ONG, les entreprises et associations de chaque pays, les particularités locales et les besoins évalués au préalable. Toujours via le site, en cas de crise chaque membre du réseau pourrait accéder en temps réel aux évaluations des correspondants sur le terrain, à la liste des besoins pharmaceutiques et d’assistance technique exprimés par les autorités, aux aides déjà apportées, aux procédures de transfert et de dédouanement. Le contenu du don serait mis en ligne avec identification du donateur et du destinataire.

L’humanitaire nécessite des règles de traçabilité, de qualité standard, de conformité aux directives de l’OMS. Question d’efficacité et de respect des populations sinistrées.

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* Créée par le Leem en 1982.