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© coronavirus, Covid-19, masques chirurgicaux, masques alternatifs, vente, Académie de médecine, Conseil d’Etat, FSPF, Federgy, UDGPO, Pharmabest, Lafayette - Pixabay
Masques : tout le monde s’énerve !
La distribution des masques, médicaux ou non, exaspère pharmaciens et médecins.
David Abenhaim, président du groupement Pharmabest, a fait part de son incompréhension sur la gestion des masques chirurgicaux lors d’un point presse ce 22 avril. « Malgré les pressions de nos instances professionnelles, Ordre, syndicats et groupements, nous ne pouvons pas vendre de masques chirurgicaux ou en tissu, alors que depuis le début de la crise, les pharmaciens sont présents sur tout le territoire et ne disposaient d’ailleurs même pas eux-mêmes de masques pour se protéger, explique-t-il. Or, CDiscount a l’autorisation de vendre des masques chirurgicaux en ligne que l’on peut récupérer dans les magasins du groupe. Pourquoi cette distorsion de concurrence entre pharmacies et grande distribution ? » Et d’ajouter : « Il y a des dysfonctionnements au niveau du ministère de la Santé ».
Trois médecins et un pharmacien ont également saisi le Conseil d’Etat au sujet de l’acquisition et de la vente de masques médicaux. La procédure entend montrer le caractère illégal du décret du 23 mars 2020 qui ne donne aucune précision sur l’acquisition et la vente de masques par les officines.
Aux masques citoyens
Ce même jour, l’Académie nationale de Médecine est revenue à la charge sur le port des masques en tissu par la population dans un communiqué intitulé « Aux masques citoyens ! ». « Malgré l’évidente nécessité d’une telle mesure, malgré son acceptabilité attestée par l’anticipation de nombreuses personnes qui ne sortent que masquées, des objections de principe retardent sa mise en œuvre et favorisent la persistance d’une transmission du virus dans la communauté, détaille l’institution. Subordonner cette obligation à la fourniture gratuite de masques par l’État, c’est conforter la population dans une situation d’assistance et de déresponsabilisation. Enfin, attendre la date du 11 mai pour faire porter le masque aux Français, c’est accorder 3 semaines de répit au SARS-CoV-2 pour qu’il continue de se transmettre, c’est accepter plusieurs milliers de nouvelles infections, donc plusieurs centaines d’hospitalisations et plusieurs dizaines de morts supplémentaires. » D’ailleurs, l’enseigne Pharmacie Lafayette annonce aujourd’hui également que 200 pharmacies du réseau distribueront des masques en tissu à haute filtration, réutilisables et répondant aux normes d’homologation fixées par les pouvoirs publics, « dès l’autorisation de vente en officines ». L’enseigne a déjà commandé 3,5 millions de masques lavables 10 fois, qui seront vendus à moins de 3,50 €.
Incapacité de rattraper le retard
Après les annonces des syndicats de groupements Federgy et de l’UDGPO, et l’appel de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) sur les masques médicaux et en tissu, la profession se positionne clairement pour assurer une distribution aux professionnels de santé, aux patients et à la population. Et attend aussi une position claire des autorités. Qui tarde. « La lourdeur de l’Etat, son manque d’agilité font qu’on prend du retard sur tout. On avait du retard au début et on est incapable de le rattraper. L’affaire des masques le montre », constatait Bruno Jeudy, rédacteur en chef de Paris Match, dans l’émission C dans l’air de France 5, diffusée le 20 avril. Philippe Juvin, chef du service des urgences à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris), autre intervenant de l’émission, était encore plus abrupt : « Les recommandations du gouvernement collent à la logistique ». Or, c’est bien la logistique qui fait actuellement cruellement défaut.
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