Les regrets de Bernard Kouchner

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Publié le 9 mars 2002
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Bernard Kouchner se lancera-t-il bientôt dans un nouveau combat ? « J’ai plutôt envie de me désengager », a-t-il avoué le 27 février, invité par l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique. Evoquant l’action du gouvernement, le ministre a ses regrets, notamment sur le médicament : « Nous n’avons pas été capables de tirer les conséquences pour les produits à service médical rendu insuffisant. C’est négatif pour les innovations. J’espère que le prochain gouvernement pourra le faire. » Par ailleurs, « ses coûts de distribution restent chers. Je pense qu’on peut les réduire en préservant le réseau officinal ». Enfin, le trop faible développement des génériques laisse « un gros sanglot » au ministre de même que la stagnation de l’automédication qui pourrait être « un élément pour maîtriser les dépenses ». Bernard Kouchner dit « avoir prôné la mise en place d’un tarif de référence sur le générique seul contre tout le reste du gouvernement. » Sans succès.

In fine, Bernard Kouchner aura martelé que la santé coûte cher : « Je ne peux pas financer à la fois les infirmières et l’innovation thérapeutique. […] A + 8 % de dépenses par an, c’est vous, industriels, qui paierez les pots cassés. C’est clair. » D’où l’idée de réunir régulièrement les acteurs du paritarisme, y compris le patronat, plus les professionnels, industriels et associations de patients, pour définir au grand jour les priorités, donc là où ira l’argent ; « mais on ne le fera pas en période électorale ». Quant à la portée du mouvement des médecins, elle lui paraît toute relative : « Il y a tout le temps des gens dans la rue en France. Ne vous inquiétez pas, ils rentreront chez eux. »

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