Les Français victimes de désinformation ?

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Publié le 17 octobre 2009
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Les Français vous font confiance. J’attends […] que vous vous inscriviez en faux vis-à-vis des campagnes de désinformation et d’affolement dont nos concitoyens sont victimes. » Toujours lors des 2es Rencontres de l’USPO, Roselyne Bachelot s’est adressée en ces termes aux pharmaciens. Une tâche ardue devant le scepticisme de la population… comme des professionnels. En attendant, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a déjà légèrement modifié l’ordre de priorité des personnes à vacciner contre la grippe A(H1N1) (voir Le Moniteur n°2794).

Tamiflu 30 mg et 45 mg s’étoffent en ville

Ainsi, au sein du premier niveau de priorité composé de trois groupes de population, l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois passe de la deuxième à la troisième position, derrière les femmes enceintes à partir du début du deuxième trimestre, puis les nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque. Au sein du troisième niveau de priorité, les sujets âgés de 65 ans et plus avec facteur de risque de complications devancent désormais les nourrissons âgés de 6 à 23 mois sans facteur de risque. Le HCSP a également ajouté à la liste des facteurs de risque la prise d’immunosuppresseur et va désormais au-delà du simple « diabète insulinodépendant ou non ne pouvant pas être équilibré par le seul régime », en englobant toutes « les maladies métaboliques à risque d’être décompensées par une infection aiguë ». Enfin, le HCSP inclut désormais les patients transplantés médullaires parmi les populations pouvant être vaccinées avec un vaccin avec adjuvant en cas d’indisponibilité d’un vaccin fragmenté sans adjuvant, dans l’hypothèse où les données épidémiologiques justifieraient une vaccination urgente.

Côté vaccins, Celvapan (Baxter), premier vaccin sans adjuvant, vient justement d’obtenir son AMM après Focetria (Novartis) et Pandemrix (GSK). La campagne de vaccination devrait débuter d’ici fin octobre pour les personnels médical, paramédical et aide-soignant des établissements de santé. Pour la population, aucune date précise n’a encore été donnée.

Côté antiviraux, les gélules de 30 et 45 mg de Tamiflu, utilisables pour les enfants et les personnes nécessitant un ajustement de dose, sont délivrables en ville depuis le 8 octobre, sur prescription médicale. En revanche, le déconditionnement en vue d’une préparation magistrale n’est toujours pas autorisé. Deux excipients du groupe Fagron, Ora-Sweet SF et Humco Cherry Syrup, déjà approuvés par la FDA pour préparer une suspension pédiatrique d’urgence « stable, fiable et d’un goût très agréable », attendent toujours leur agrément en Europe et en France, où des hôpitaux les utilisent malgré tout, « face à la réalité du terrain », souligne Fagron.

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