Le pharmacien de Napoléon

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Publié le 17 novembre 2001
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Il a fallu que le temps de la retraite arrive pour que le doyen Flahaut, qui n’aime pas l’inaction, puisse se consacrer à l’écriture de la biographie de Charles-Louis Cadet de Gassicourt. Cinq à six années de labeur ont permis à ce passionné d’histoire, ancien président de la Société d’histoire de la pharmacie et président de l’Académie nationale de pharmacie, de retracer la vie d’un homme découvert grâce au dernier descendant de la famille Cadet rencontré il y a une vingtaine d’années. Fils illégitime de Louis XV, Charles-Louis Cadet de Gassicourt, qui vécut la Révolution et l’Empire, eut un destin hors du commun.

Formé par son père aux discussions politiques et scientifiques, sa mère, frivole et mondaine, en fait un « joyeux vivant ». D’abord avocat puis politicien, il devient finalement pharmacien à 31 ans. Initiateur du Conseil de salubrité de la ville de Paris, auteur d’un dictionnaire de chimie, il est rattaché à la cour de l’Empereur Napoléon dont il devient le premier pharmacien en 1815.

Admiratif, son biographe le décrit comme un personnage « très dynamique, défenseur des pharmaciens toute sa vie durant mais aussi très sûr de lui ». Créateur de six pièces de théâtre, de cinquante chansons, d’un Cours gastronomique, il combattra aussi avec ardeur le charlatanisme. Fasciné par l’« imagination débordante et l’ouverture d’esprit extraordinaire » de Charles-Louis Cadet, Jean Flahaut estime que « son ouvrage montre ce qu’a été la vie des hommes cultivés et intelligents, qui pouvaient accéder à toute sorte d’activité, pendant cette période invraisemblable de l’histoire ».

« Charles-Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), bâtard royal, pharmacien de l’Empereur », par Jean Flahaut, aux éditions Historiques Teissèdre, 490 pages, 280 francs

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