La transition écologique ruisselle sans courant fort

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Publié le 23 septembre 2023
Par Magali Clausener
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Si, dans leur grande majorité, les titulaires et leurs équipes adoptent déjà des gestes écologiques, ils privilégient des mesures relativement simples à mettre en œuvre. En délaissant des choix plus ambitieux et efficients. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) en partenariat avec Gers Data.

 

Interrogés pendant l’hiver 2022-2023, 98 % des pharmaciens déclaraient éteindre la lumière et les ordinateurs lors de la fermeture de leur pharmacie. Ils étaient par ailleurs nombreux à expliquer l’intérêt de Cyclamed et l’importance de ramener à l’officine les déchets d’activités de soins à risque infectieux (Dasri) aux patients. Et 91 % ont réduit le nombre de sacs distribués aux patients. Des résultats qui corroborent l’enquête de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) menée avec le Gers Data et réalisée en ligne du 1er juin au 4 juillet 2023 auprès de 444 pharmaciens titulaires. Ainsi, 80 % d’entre eux déclarent avoir déjà mis en place une démarche de développement durable au sein de leur officine et 15 % de plus envisagent de le faire à court terme.

Des intentions citoyennes et économiques

 

Selon le sondage, le virage vert relève d’abord pour les pharmaciens d’un « devoir citoyen » (note de 8,15 sur 10), de mesures d’économies (7,81) – remarquons que seuls 25 % des répondants effectuent un suivi mensuel de leurs consommations d’eau, d’électricité, de papier…–, d’une composante de la démarche qualité (7,7). Dans une moindre mesure, il s’agit aussi d’un enjeu d’image et d’attractivité vis-à-vis des patients (6,24), d’un soutien au recrutement des jeunes (5,53). Sans occulter le fait que c’est aussi une contrainte (6,08).

 

De fait, la sensibilisation des patients au bon usage, la diminution du chauffage, les ampoules basse consommation et la limitation des consommables obtiennent des scores élevés parmi les réponses des officinaux (de 86 à 89 %). Ce qui est moins le cas pour d’autres mesures comme l’optimisation des commandes pour réduire les livraisons (57 %) ou le développement spécifique d’un rayon « green » (45 %).

 

Et pour l’instant, les pharmaciens tiennent à distance l’idée du passage à une livraison de grossiste par jour au lieu de deux (9 %), ce que représente une ordonnance en matière de bilan carbone (5 %) ou encore le label d’employeur écoresponsable (4 %).

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Optimiser la distribution

 

« Ces résultats montrent une forte appropriation des gestes écologiques du quotidien mais un besoin d’accompagnement pour la mise en œuvre de mesures plus systémiques, touchant notamment à l’approvisionnement, qui requièrent un changement profond d’habitudes pour l’équipe officinale comme pour les patients », analyse David Syr, directeur général adjoint de Gers Data. De son côté, Christophe Le Gall, président de l’UNPF met en garde : « N’attendons pas qu’on nous dise comment faire ou qu’on nous impose des solutions inadaptées comme la dispensation à l’unité. Prenons garde également aux acteurs émergents qui convoitent la logistique du médicament. […] Soyons intégratifs dans la démarche pour y inclure toutes les officines et tenir compte des spécificités territoriales, tout en capitalisant sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pour optimiser le cycle allant de la commande à la dispensation. »