La rentrée et ses prix…

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Publié le 12 octobre 2002
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La rentrée est la période des distinctions (Nobel, Goncourt, etc.) et le projet de déremboursement des veinotoniques conduit à décerner quelques prix.

– Prix de cynisme pour tous les gouvernements qui ont évoqué cette menace au gré des circonstances : les Français ont le droit de savoir, comme citoyens, si on jette leur argent par les fenêtres, et comme patients, s’ils reçoivent des médicaments « inefficaces ». En parallèle, ceux qui ont prescrit ou délivré ces substances ont le droit de ne pas se voir publiquement traités de brigands ou d’imbéciles sans motif probant.

– Prix d’incompétence pour les fabricants qui ont gagné un argent considérable sans jamais réaliser d’études sérieuses. Prix ex-aequo pour le SNIP qui a assuré la défense de la profession avec l’efficacité qu’on voit : puisqu’on parle de remboursement, à quand celui de la cotisation pour les industriels adhérents floués ?

– Prix de vénalité pour les pharmacoépidémiologistes et pharmacoéconomistes, tous spécialistes de données « molles » et d’interprétations sélectives, qui ont conclu aux vertus ou aux vices des veinotoniques selon les desiderata de leurs donneurs d’ordres.

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– Prix d’incohérence politique pour ce gouvernement, qui comme les autres octroie des prix exorbitants à des « innovations » douteuses et tolère des dérapages faramineux, mais ne voit pas que l’insuffisance veineuse, est majoritairement une pathologie de manutentionnaires, d’aides-soignantes, de femmes de ménage, d’ouvriers… Une pathologie de la France d’en bas…