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Guerre en Ukraine : les pharmaciens impliqués dans l’aide d’urgence
« Dans les villes de l’Est de l’Ukraine assiégées et bombardées comme Marioupol, Kharkiv, Kherson ou Tchernihiv, la situation sanitaire est catastrophique, note Valéria Faure-Muntian, députée la République en marche de la 3e circonscription de la Loire et présidente du groupe d’amitié France Ukraine. Dans les hôpitaux, les équipes médicales font ce qu’elles peuvent. Les sages-femmes pratiquent les accouchements dans les sous-sols transformés en abris antibombes… Alors que dans l’ouest du pays, qui est encore relativement épargné par les bombardements, la situation est moins dramatique. Les hôpitaux continuent de fonctionner tant bien que mal, mais toutes les interventions programmées ont été annulées pour que les équipes puissent se consacrer à l’urgence : soigner les blessés qui arrivent de plus en plus nombreux ».
Un crime de guerre majeur contre Marioupol
C’est à Marioupol que la situation est la plus préoccupante. « Dans cette ville, l’aide humanitaire d’urgence n’arrive plus depuis maintenant trois semaines. Les gens manquent de tout : d’eau, de nourriture, de médicaments… A certains endroits, l’électricité et le chauffage ont été coupés. Alors que dans des cités comme Kharkiv ou Kiev, les convois humanitaires sont toujours possibles », souligne Diana Dols, la vice-présidente d’Aide Médicale Caritative France-Ukraine, une ONG créée en 2014 pour venir en aide aux manifestants de la Place Maïdan et aux hôpitaux et populations civiles des zones sinistrées par la guerre dans l’est de l’Ukraine. En 2015, avec le début de la réforme du système de santé ukrainien, l’association a élargi son action à tout le territoire ukrainien afin d’accompagner les hôpitaux dans leurs efforts de modernisation. Depuis 2014, plus de 1 000 tonnes de matériel médical ont ainsi été envoyées en Ukraine.
Répondre aux besoins variés
Les besoins en aide médicale d’urgence sont donc intimement liés à la localisation des hôpitaux. « Dans l’ouest du pays, les demandes qui nous parviennent sont sensiblement les mêmes qu’avant la guerre, confie Diana Dols. L’hôpital de Lviv nous a par exemple sollicités pour lui fournir 400 lits et autant de tables de chevet et d’armoires, comme si le pays n’était pas en guerre. Mais ces hôpitaux commencent aussi à être touchés par une pénurie de consommables et de médicaments ». « Dans les zones bombardées, les hôpitaux ont besoin de tout le matériel que l’on retrouve habituellement sur les scènes de guerre : des trousses médicales d’urgence, des perfusions, des garrots… Des médicaments comme le paracétamol, l’insuline, les antidouleurs, les anti-inflammatoires ou les anti-infectieux commencent aussi à manquer », ajoute Valéria Faure-Muntian.
Le défilé des convois humanitaires
Suite à l’invasion russe du 24 février 2022, les premiers convois partis de France en direction des hôpitaux ukrainiens se sont donc efforcés de répondre aux demandes exprimées. « Il y a deux semaines, deux camions de 40 tonnes ont acheminé des médicaments, des consommables de soins, des défibrillateurs et des respirateurs de réanimation et d’anesthésie généreusement donnés par les CHU de Poitiers et de Lille, et l’association Tulipe, confie Diana Dols. Ces dons ont été distribués auprès des hôpitaux de Kyïv, Lviv, Tchernihiv, Kharkiv… La semaine dernière, les dons de l’entreprise Biotech Dental ont permis à l’ONG de faire partir quatre camions contenant des équipements médicaux et de la nourriture non périssable qui sont en cours de distribution auprès des populations civiles. Un camion supplémentaire a été affrété grâce à des dons médicaux de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris et de l’entreprise Urgo. Dix-sept ambulances ont été également acheminées vers les hôpitaux de régions de Jytomyr, Kyïv, Dnipro, Donetsk, Tchernihiv et Lviv. Cette semaine, six camions sont partis de Lyon, Nantes, Paris, Bordeaux grâce aux dons des Hospices civiles de Lyon, des CHU de Toulouse et de Nantes, des pompiers de Mérignac… ».
Les pharmaciens se mobilisent
Dès le début du conflit, les équipes de l’ONG Pharmacie Humanitaire Internationale se sont elles aussi mobilisées. « Nous avons commencé par mettre en place sur le site HelloAsso une collecte de fonds en partenariat avec le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (Cnop) et les deux syndicats de la profession, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), souligne Alain Berthon, le président de l’association. Normalement, toutes les officines devraient avoir reçu des affiches à disposer sur leur point de vente pour inciter les clients à faire un don. Beaucoup de pharmaciens ont eux-mêmes déjà donné, et nous ont fait part de leur disponibilité pour nous aider quand nous aurons besoin de bras ». L’association a également affrété un premier camion de 120 m³ pour l’hôpital de Berdytchiv, une ville située au sud-ouest de Kiev, avec à son bord du matériel médical d’urgence, des lits médicaux, des brancards et des consommables de soins de type compresses et pansements pour soigner les blessés. Une livraison de matériel médical a été également été faite à l’hôpital de Korosten en partenariat avec la ville de Bourges. Un troisième camion devrait partir aux alentours du 24 mars pour l’hôpital de Krementchouk une ville de la plaine du Dniepr, au sud-ouest de Karkhiv.
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