Gare au « psychoterrorisme » !

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Publié le 20 octobre 2001
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Le Canard enchaîné signalait le 10 octobre que les officines de Cherbourg étaient en rupture d’iode à suite aux événements du 11 septembre, l’hebdomadaire satirique ironisant sur le fait qu’elle était subitement devenue payante après réapprovisionnement. Mais Le Canard est allé un peu vite en besogne, oubliant que la gratuité pour les comprimés d’iode n’est effective que dans une zone à risque de cinq kilomètres – où les habitants en ont d’ailleurs en permanence chez eux… « Or les demandes d’iode se sont multipliées dans tout le département, raconte Christian Bouillon, président du syndicat de la Manche. Tout est parti d’un hebdomadaire départemental qui a désigné en une le site de la Hague comme la prochaine cible terroriste après New York. ça a été l’occasion de réexpliquer les mesures de sécurité existantes, sans minimiser ni exagérer les risques. »

Un exercice auquel Bernard Kouchner a dû lui-même se livrer lundi après l’hospitalisation de plusieurs dizaines de personnes ayant été en contact avec des enveloppes contenant une poudre suspecte. Mais les examens de la poudre réalisés mardi ne montraient aucune trace d’anthrax. Dans l’intervalle, et dans le doute, douze personnes étaient restées hospitalisées lundi soir, recevant une antibiothérapie prophylactique à base de ciprofloxacine, qui a obtenu une extension d’AMM outre-Atlantique pour le traitement de l’anthrax. « Mais il n’y a pas de maladie du charbon en France, réaffirmait Bernard Kouchner mardi. Et s’il y en avait, la personne serait traitée immédiatement, cette maladie étant guérissable presque à tous les coups. »

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