Diatribe anti-« impôt maladie » de la Mutualité française

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Publié le 10 septembre 2011 | modifié le 18 août 2025
Par Magali Clausener
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Tel le Leem, la Mutualité française s’est adressée à l’opinion publique pour protester contre l’augmentation de la taxe sur les contrats de complémentaire santé.

Les parlementaires risquent de crouler sous les courriers. Outre celui adressé par Les Entreprises du médicament (voir pp. 8 et 9), ils devraient en recevoir de nombreux autres émanant des adhérents des mutuelles. La Mutualité française a en effet lancé, le 4 septembre, une grande campagne de communication dans la presse quotidienne nationale (Le Journal du dimanche, Le Figaro, Le Monde, Libération…) et régionale (Sud Ouest, La Dépêche du Midi, La Voix du Nord…) avec pour slogan « L’idée de créer un impôt sur la maladie, c’est une blague ? ».

La Mutualité française s’insurge contre la hausse de la taxe sur les contrats de complémentaire santé (voir Le Moniteur n° 2895) et veut mobiliser l’ensemble de la population ainsi que les parlementaires.

Les assurés peuvent télécharger un courrier type

Les adhérents sont conviés à télécharger un courrier type sur le site Internet de la Mutualité française et à l’envoyer par e-mail à leurs députés et sénateurs. Ce courrier reprend les arguments de la Mutualité française : cette hausse, qui va rapporter 1,2 milliard d’euros aux caisses de l’Etat, va conduire les mutuelles à augmenter leurs tarifs. « Pour moi, cette décision est inacceptable car il s’agit bien là de l’instauration d’un impôt indirect qui peut me contraindre à renoncer à une couverture complémentaire ou à diminuer mes garanties », peut-on lire en conclusion du courrier.

La campagne dans la presse a duré jusqu’au 9 septembre. Contrairement au Leem, la Mutualité française n’a pas indiqué son coût.

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« Le doute n’a jamais bénéficié aux patients »

Que pensez-vous de la campagne du Leem ?

Le Leem a un double discours : on a mis en place des bonnes pratiques et une charte de la visite médicale. Cela se passe de façon différente sur le terrain. Le pire côtoie le meilleur, mais on ne peut pas admettre que le pire puisse exister. Le Leem avait d’ailleurs proposé de mettre en place un observatoire des pratiques de la visite médicale et d’avoir une part variable de la rémunération des visiteurs médicaux en fonction de critères de qualité. La proposition n’a pas été retenue.

Que pensez-vous de son argument sur l’accès des patients aux innovations thérapeutiques qui serait retardé ?

On va pouvoir garantir la sécurité des patients avec la traçabilité des AMM. Les gens sauront qu’on leur prescrit un médicament hors AMM. On encadre, mais on n’interdit pas. On est dans l’efficience. Il est sûr que demain l’organisation du médicament va devoir se plier à cela. Jusqu’à présent, le doute n’a jamais bénéficié aux patients.

Craignez-vous que cette campagne conduise les parlementaires à amender le projet de loi ?

J’espère que le traumatisme causé par l’affaire du Mediator est réel, y compris chez les parlementaires. Il est légitime que le Leem soit mécontent, mais il bataille beaucoup plus pour cette taxe que pour la visite médicale. L’Etat a abandonné la formation médicale continue. Les laboratoires jouent de fait un rôle dans la formation continue. Mais ils ne peuvent pas dépenser de la poche droite pour la promotion et de la poche gauche pour la formation. Il faut arrêter ça.