DÉREMBOURSEMENTS : La « tisane » de Mattéi

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Publié le 11 janvier 2003
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Les médicaments c’est comme les voitures, personne n’achète plus de quatre chevaux. De même, on se rend compte aujourd’hui que beaucoup de molécules qu’on pensait actives ne sont pas suffisamment efficaces pour être remboursées. Non qu’elles soient inutiles, mais leur action est davantage assimilable à celle d’un produit de consommation courante, comme un jus de citron ou une tisane. » Dans un entretien accordé au magazine Pleine Vie, le ministre de la Santé Jean-François Mattéi s’explique sur sa décision de dérembourser 650 médicaments à SMR insuffisant. « Je veux mettre en oeuvre tous les moyens pour disposer au plus vite des médicaments les plus efficaces contre le cancer, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie d’Alzheimer. […] Nous ne pouvons pas, à cotisations égales, payer ces innovations et continuer à rembourser d’autres médicaments dont on sait aujourd’hui qu’ils ont une efficacité relative », explique Jean-François Mattéi, qui considère l’emploi du terme « dérembourser » réducteur par rapport à l’esprit de sa politique de santé. « Je ne veux pas empêcher les gens de se soigner […]. Les personnes qui tiennent à garder leurs médicaments auront recours à l’automédication. » Enfin, le ministre rappelle aux plus de 60 ans, à qui s’adresse Pleine Vie, que « marcher deux heures par jour, faire une sieste avec les jambes un peu surélevées, se masser les jambes des chevilles vers les genoux… font plus de bien que tous les veinotoniques du monde ».

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