Dépenses de santé : les comptes des contes

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Publié le 8 octobre 2003
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Le ministre de la Santé justifie sa politique de déremboursement par le « devoir d’admettre au remboursement de nouveaux produits » ; décidément malheureux dans ses choix, il illustre son propos en citant les traitements de la maladie d’Alzheimer au moment même où la Cour des comptes épingle cette classe thérapeutique en s’étonnant du contraste entre les sommes dépensées et le faible niveau de preuves en matière d’efficacité. Grâce au ministre, pourtant, ceux des médecins qui, à l’instar de la Cour, ne croient pas toutes les fables des labos, n’auront bientôt plus que ces « innovations » à prix exorbitant pour accompagner leurs vieux patients déments.

Autre bonne nouvelle pour les partisans d’un transfert massif de l’argent public dans la poche des actionnaires : ReQuip serait efficace dans le fameux « syndrome des jambes sans repos ». Cette pathologie, qui touche beaucoup de monde aux Etats-Unis (principalement des femmes), se manifeste notamment par de très pénibles dysesthésies nocturnes. Bref, et en gros, ça ressemble étrangement à ce qu’on appelle ici « insuffisance veineuse », et nul besoin d’être grand clerc pour anticiper sur ce qui va se passer une fois déremboursés les veinotoniques : on va encore découvrir une nouvelle maladie, proposer un traitement d’enfer – et la Sécu paiera, avec la bénédiction du ministre…

Quand on vous parle dépenses de santé, méfiez-vous des imitations : car sous l’influence de Mattei, le ministère de la Santé est en voie de devenir la Cour des contes…

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